Bloc Québécois

Laïcité de l’État : les chefs fédéraux doivent promettre de ne pas contester

26 septembre 2019

Québec, le 26 septembre 2019 – De passage à l’Assemblée nationale du Québec, Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois, a demandé aux chefs fédéraux de s’engager plus clairement à ne pas participer à une contestation de la loi 21 sur la laïcité de l’État, ainsi qu’à mettre fin à la prière quotidienne à la Chambre des communes.

« Les chefs de partis ne peuvent pas contourner la demande de François Legault en nous servant de la langue de bois. Je veux les entendre dire : ʺmon gouvernement ne participera pas, directement, indirectement ou financièrement, à quelque contestation de la loi 21 que ce soitʺ.  Je veux les entendre dire que l’argent des contribuables ne servira pas à contester cette loi légitime. C’est aussi simple que ça. Et je veux les entendre dire la même chose en anglais et en français », a demandé Yves-François Blanchet.

Blanchet estime que Justin Trudeau révèle son jeu en disant qu’il ne contestera pas « pour l’instant » la loi 21, laissant entendre qu’il pourrait intervenir plus tard. Lors du débat deMaclean’s, Andrew Scheer s’est limité à dire qu’il ne se joindrait pas à la contestationactuellement en Cour. Il a toutefois également précisé que son parti « va toujours défendre les libertés individuelles. Une société libre doit protéger et défendre les droits fondamentaux de ses citoyens et ne doit pas empêcher les citoyens de s’exprimer ».

Jagmeet Singh a affirmé qu’il « reconnaît la compétence du Québec dans ce dossier ». Or, en juillet dernier, il affirmait vouloir être le « champion » des opposants à la loi 21 au Québec. Elizabeth May a qualifié la loi 21 de « pénible », mais s’inquiète qu’une intervention fédérale « alimente l’histoire de divisions au sein du Canada et le séparatisme québécois ». En juin dernier, elle déclarait pourtant que « la loi 21 est un dangereux pas vers l’arrière pour le Québec et l’ensemble du Canada » et qu’elle est « fière de me tenir aux côtés de tous ceux qui vont continuer de se battre contre cette loi ».

Le chef du Bloc Québécois ne se satisfait pas des déclarations se limitant à parler des compétences du Québec ou de la contestation actuellement devant les tribunaux, notamment parce qu’une contestation différente est plausible. Le député libéral Marc Miller a décrit la possibilité d’une toute autre intervention devant les tribunaux qui serait, justement, fondée sur la compétence fédérale. M. Blanchet rappelle également l’existence du Programme de contestation judiciaire, financé par le fédéral, qui a pour mandat de « fournir un appui financier aux individus et groupes au Canada pour qu’ils présentent devant les tribunaux des causes d’importance nationale », notamment liées aux droits de la personne.

« Je demande aux chefs de s’engager à ce que les organismes soutenus financièrement par le fédéral ne puissent pas se servir des fonds qu’Ottawa leur verse pour contester la loi 21 », a déclaré M. Blanchet.

Yves-François Blanchet demande aussi à ses homologues de s’engager à mettre fin à la prière quotidienne à la Chambre des communes. La prière officielle est récitée par le président à l’ouverture de la Chambre, avant l’ouverture des portes au public et avant le début de la télédiffusion, ce qui explique que cette pratique passe inaperçue. Le libellé va comme suit : « Dieu tout-puissant, nous te remercions des nombreuses grâces que tu as accordées au Canada et à ses citoyens, dont la liberté, les possibilités d’épanouissement et la paix. Nous te prions pour notre souveraine, la reine Elizabeth, et le gouverneur général. Guide-nous dans nos délibérations à titre de députés et aide-nous à bien prendre conscience de nos devoirs et responsabilités. Accorde-nous la sagesse, les connaissances et la compréhension qui nous permettront de préserver les faveurs dont jouit notre pays afin que tous puissent en profiter, ainsi que de faire de bonnes lois et prendre de sages décisions. Amen ».

« Le Canada est censé être laïque, mais la première phrase de la Charte des droits et libertés parle de la primauté de Dieu. La première phrase de la Loi constitutionnelle de 1982 aussi. Et la première action de la journée à la Chambre des communes, c’est une prière. Au Bloc Québécois, nous préférons que ce soit la raison et les intérêts de la population qui guident les élus dans leurs délibérations, pas les divinités. Dans un Parlement qui est appelé à se pencher sur des sujets comme l’aide médicale à mourir et le droit au libre choix à l’avortement, il faut tenir la religion aussi loin que possible de la politique. C’est une pratique qui a été abolie à Québec en 1976. Il est plus que temps que ça cesse à Ottawa aussi. Je demande aux chefs de s’engager à mettre fin à la prière », a conclu Yves-François Blanchet.