Bloc Québécois

Propositions pour en finir avec le cynisme

16 octobre 2019

La Prairie, le 16 octobre 2019 – Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois, en compagnie d’Alain Therrien, candidat du parti dans La Prairie, a poursuivi sa campagne avec des propositions pour disposer des contradictions du gouvernement fédéral concernant le financement des partis politiques, la déclaration de revenus unique et le système de paie Phénix.

Financement des partis politiques

Le chef du Bloc Québécois a réclamé l’abaissement du plafond des contributions aux partis politiques fédéraux. « Le système actuel prête flanc à toutes sortes de situations qui ne peuvent qu’alimenter le cynisme chez la population et il faut y mettre fin. Il faut assainir les mœurs politiques et écarter toute possibilité d’impression de conflits d’intérêts entre les législateurs et les plus fortunés. En ce moment, c’est facile pour les citoyens d’imaginer que leur voix compte moins que d’autres quand les grands partis vendent l’accès privilégié aux décideurs à fort prix ».

Blanchet déposera un projet de loi afin que le plafond des dons aux partis passe de 1 600 $ à 500 $. Il a rappelé qu’au cours du dernier mandat, la nécessité pour les partis de solliciter activement des contributions de grands montants a mené à des situations embarrassantes, notamment les cocktails de financement à 1 500 $ l’entrée des libéraux en 2016 dans lequel les donateurs obtenaient un accès exclusif aux ministres, dont Justin Trudeau.

Blanchet a également souligné que le 7 juillet 2016, le Bureau du surintendant aux institutions financières donnait le feu vert au démarrage de la banque Wealth One à titre de banque à charte. Cette banqueservant lacommunauté chinoise du Canada a deux bureaux à Toronto et Vancouver. Par coïncidence, dans les 48h précédant la décision, 45 personnes issues des communautés chinoises de Toronto et de Colombie-Britannique donnaient plus de 67 000 $ à l’Association libérale de Papineau, circonscription de Justin Trudeau à Montréal. Dans les années suivantes, le nombre de dons à la circonscription de la part des communautés chinoises de Toronto et Vancouver a chuté de 45 à 0.

Blanchet a également rappelé qu’en avril dernier, leGlobe and Mailrévélait qu’au moment de sélectionner de nouveaux juges parmi une liste de candidatures, le bureau du premier ministre filtrait les profils dans un outil partisan, la Libéraliste, afin de connaître l’historique des juges potentiels en matière de contributions politiques au parti.

Rapport d’impôt unique

Le chef du Bloc Québécois réitère que son parti déposera à nouveau un projet de loi pour obliger Ottawa à entamer des négociations avec Québec dans les 90 jours afin de céder à Québec la perception des impôts fédéraux. Le projet de loi forcera Ottawa à renégocier les traités fiscaux et les accords de partage de renseignements fiscaux pour que le Québec ait accès directement aux renseignements fiscaux à l’étranger, permettant l’instauration d’une déclaration unique de revenus. « Le rapport d’impôt unique administré par le Québec, c’est une demande unanime de l’Assemblée nationale qui va représenter des économies de 425 millions de dollars chez nous. Nous percevons déjà pour le fédéral la TPS et nous sommes les seuls à se taper deux rapports d’impôt. Contrairement à la prétention des libéraux, rejetée par tous les autres partis, il y a moyen de faire épargner les Québécoises et les Québécois sans éliminer un seul emploi au Québec. Le seul obstacle, c’est qu’Ottawa veut protéger ses acquis, quitte à imposer un moins bon service aux Québécoises et aux Québécois de la part de l’État », a fait valoir M. Blanchet.

La proposition de déclaration de revenus unique a fait l’objet d’une résolution de L’Assemblée nationale en 2018. Le gouvernement Legault l’a formellement demandé le 17 janvier dernier lors d’une rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau. En plus d’épargner du temps aux contribuables, le rapport d’impôt unique permettrait de faire économiser 39 M$ aux particuliers, 99 M$ aux entreprises et 287 M$ en dédoublements bureaucratiques éliminés. De plus, en concluant un accord de perception avec Ottawa, le Québec obtiendrait un accès direct aux renseignements fiscaux à l’étranger, ce qui lui permettrait de lutter contre les paradis fiscaux d’une manière autonome. Alors que les Québécois paient 20% du budget de l’Agence du revenu du Canada par leurs impôts et taxes, le Québec ne compte que 12% des employés actuellement.

Fiasco Phénix

« D’ailleurs, nous refusons de nous faire donner des leçons par un gouvernement qui n’est même pas capable de payer ses propres employés. Le fiasco Phénix et le traitement réservé aux fonctionnaires sont scandaleux. 80 % des employés du gouvernement du Canada ont été touchés par cet échec, les problèmes ne sont pas réglés et les travailleurs et travailleuses n’ont pas été compensés adéquatement », a déclaré M. Blanchet.

Le Bloc souhaite inverser le fardeau financier. « Ottawa ne peut pas retenir la paie de travailleurs parce qu’on n’est pas certain du calcul de ce qui leur est dû. Ottawa ne peut pas non plus exiger aux travailleurs de rembourser des sommes faramineuses dans des délais impossibles parce que le fédéral s’est trompé. Le gouvernement doit payer son monde d’abord et gérer humainement ses erreurs par la suite », selon M. Blanchet.

Grand oublié de la campagne électorale 2019, le fiasco Phénix est loin d’être réglé alors que l’Alliance de la fonction publique du Canada révélait en août que 228 000 cas attendaient toujours une solution. Le directeur parlementaire du budget a estimé qu’il en coûterait 2,6 milliards $ simplement pour stabiliser le système de paie Phénix. Le remplacement de ce système catastrophique n’en est encore qu’aux projets pilotes. Le Bloc réclame des compensations financières pour l’ensemble des victimes de Phénix, sous forme de chèques et non pas de temps de vacances accumulé, en plus de mesures d’exception concernant l’impôt des personnes touchées. Le parti s’inquiète de la lenteur du traitement des dossiers des fonctionnaires touchés et souhaite une reddition de comptes accrue de la part d’Ottawa.