Délocalisation d’emplois de Montréal vers l’Alberta : Le CN parle des deux côtés de la bouche

Ottawa, le 6 février 2020

 

Délocalisation d’emplois de Montréal vers lAlberta : Le CN parle des deux côtés de la bouche

 

Xavier Barsalou-Duval, porte-parole du Bloc Québécois en matière de Transports, infrastructures et collectivités, ainsi que Mario Beaulieu, porte-parole en matière de Langues officielles, dénoncent la décision du Canadien National (CN) de fermer son centre de contrôle ferroviaire de Montréal pour le déplacer en Alberta, alors qu’il affirmait le contraire en décembre dernier. Cette décision aura des répercussions négatives pour la sécurité des travailleurs, l’utilisation du français comme langue de travail, en plus d’entraîner des pertes d’emplois au Québec.

 

« Alors que le nombre d’incidents ferroviaires est en constante augmentation, il apparaît complètement irresponsable de délocaliser tous les contrôleurs vers l’Alberta. Tout ceci entraînera des risques pour la sécurité ferroviaire en plus d’une perte d’expertise pour le Québec. Le gouvernement fédéral doit faire pression sur le CN pour que la décision soit renversée », a déclaré M. Barsalou-Duval.

 

Alors que le CN avait deux centres de contrôle basés à Montréal et à Edmonton, la compagnie a pris la décision de délocaliser les contrôleurs basés à Montréal vers l’Alberta, ce qui entraînera la fermeture du centre de contrôle de la métropole québécoise d’ici le 26 octobre. N’oublions pas que le CN s’était engagé à maintenir son siège social à Montréal lorsque l’entreprise fédérale a été privatisée.

 

Un risque pour la sécurité

« Cette centralisation des emplois vers Edmonton pose de sérieux enjeux en ce qui concerne la sécurité. Le nouveau centre de contrôle se trouve au-dessus d’une gare de triage gérant des matières dangereuses, ce qui pourrait créer d’énormes délais en plus de mettre en péril la vie des travailleurs en cas de problème », a fait valoir M. Barsalou-Duval.

 

« Cette délocalisation, en plus d’entraîner un risque accru pour la sécurité, fait en sorte que non seulement Montréal, mais le Québec en entier perd une expertise très précieuse dans le domaine des trains. À Montréal, il y a 60 contrôleurs pour tout l’est du Canada, alors que les dirigeants du CN veulent en embaucher 35 à Edmonton pour tout le pays en entier. Un déménagement signifierait donc l’embauche de nouveaux employés pour remplacer les travailleurs québécois ne souhaitant pas postuler à Edmonton, ce qui augmenterait le risque d’erreurs humaines, et donc d’accidents. Ça n’a aucun bon sens », a renchéri le député de Pierre-Boucher-Les Patriotes-Verchères.

 

Un affront pour le français

Le CN doit offrir des services en français en vertu de la Loi sur les langues officielles. Or, puisque seulement 7 % des Albertains affirment être bilingue, il sera très difficile, voire impossible, de trouver des contrôleurs qui parlent français.

 

« La fermeture du centre de contrôle ferroviaire de Montréal et le déménagement des opérations à Alberta vont rendre précaires les communications en français avec les travailleurs ferroviaires au Québec. Cela implique des enjeux de sécurité si les consignes de contrôleurs unilingues anglophones ne sont pas bien comprises par les conducteurs ou les travailleurs de voie. Le CN devrait savoir qu’il est assujetti à la Loi sur les langues officielles et que le respect du français, ce n’est pas négociable au Québec! » a conclu Mario Beaulieu.