Petits réacteurs modulaires : fiche technique

« J’ai l’impression qu’on retourne 20 ans en arrière. Il n’y a à peu près plus personne qui parle du nucléaire comme d’une solution aux changements climatiques. »
Steven Guilbeault, 2018, en apprenant que le gouvernement de Justin Trudeau mise désormais sur le nucléaire.

Les petits réacteurs modulaires (PRM), aussi appelés des réacteurs de faible ou moyenne puissance (RFMP), sont des petits réacteurs nucléaires qui fourniront de l’électricité notamment en utilisant une technologie nucléaire pour séparer les molécules d’eau. C’est-ce qu’on appelle l’électronucléaire. Les PRM ont une capacité de production généralement située en deçà de 300 mégawatts.

L’électronucléaire ne produit pratiquement aucun gaz à effet de serre, puisqu’il peut utiliser des ressources renouvelables pour produire de l’électricité, mais le procédé nucléaire génère des déchets nucléaires que personne n’est encore capable de gérer. Il s’agit d’un enjeu hautement problématique.

– Le Canada est incapable de gérer ses déchets nucléaires actuels, comme en témoigne la saga de Chalk River;
– Ces déchets sont entreposés dans des sites d’enfouissement jusqu’à ce que l’on développe une façon de s’en débarrasser.
– Les risques pour la santé publique et pour la contamination des nappes phréatiques sont très importants.
– Par ailleurs, les experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique, malgré leur biais évident pour la technologie, émettent des réserves quant à d’éventuelles problématiques de sécurité associés aux PRM.

Aucun projet de PRM n’est commercialisé en ce moment pour des applications civiles, bien que des pays comme l’Argentine, la Chine et la Russie aient déjà commencé à développer des PRM.
– La Chine et la Russie étudient cette technologie depuis près de 10 ans.

Le gouvernement fédéral veut aider quatre provinces à développer les PRM : l’Alberta, la Saskatchewan, l’Ontario et le Nouveau-Brunswick. Ces provinces sont :
– fermement opposées à la taxe fédérale sur le carbone;
– prétendent que les PRM leur permettront de réduire leurs GES.
Pourtant, une étude de l’Université du Sussex échelonnée sur 25 ans démontre que les pays qui tentent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre grâce au nucléaire échouent systématiquement.

Au Québec, il y a longtemps que nous avons misé sur l’énergie verte.
– Sans l’aide d’Ottawa, le Québec a développé l’un des réseaux les plus verts de la planète et peut se tourner vers les autres formes d’énergies renouvelables pour mettre en place un modèle propre de développement régional et de transformation de ses richesses naturelles.
– Le Québec a définitivement abandonné le nucléaire en 2012 en fermant Gentilly-2, ce qui s’est avéré une excellente décision tant sur le plan économique que sur le plan environnemental;
– L’actuel chef du Bloc Québécois, alors ministre de l’Environnement et ministre responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec, a œuvré à la coordination d’un fonds de diversification de 200 millions de dollars (essentiellement remboursable, au lieu des 4 milliards de dollars de reconstruction de la centrale). Ce fonds a notamment permis :
– La création de plus de 5000 emplois;
– L’émergence d’une classe entrepreneuriale régionale (il y avait environ 600 travailleurs à Gentilly, la plupart étant demeurés à l’emploi d’Hydro-Québec).

Aujourd’hui, le Québec a des surplus d’électricité, mais les provinces canadiennes sont réticentes à les lui acheter.