| En cherchant à alimenter et à exploiter à des fins partisanes un certain mécontentement, principalement à l'extérieur du Québec, face à l'obligation pour les propriétaires de fusils de chasse et d'autres armes d'épaule d'enregistrer leurs armes, les conservateurs de Stephen Harper ont notamment choisi de fermer les yeux sur les raisons mêmes qui avaient incité à l'époque des groupes de citoyens à réclamer la mise sur pied d'un registre des armes à feu.
C'est à la suite des terribles événements de l'École Polytechnique de Montréal, en décembre 1989, qu'un regroupement formé des proches des victimes a réclamé un resserrement des lois qui permette un meilleur contrôle de la circulation des armes à feu parmi la population. Rapidement, les policiers ont constaté que le registre des armes à feu qui en a découlé permet de pratiquer des interventions plus sécuritaires, puisqu'ils sont mieux informés de la présence d'armes au moment où ils se présentent sur les lieux d'incidents. Leurs enquêtes sont également facilitées étant donné la traçabilité accrue des armes. Surtout, la capacité de retirer leur permis aux individus jugés à risque, par exemple des cas dépressifs sérieux ou instables, a permis d'éviter bon nombre de suicides et de drames conjugaux.
Une très large majorité des regroupements policiers appuient donc inconditionnellement le maintien intégral du registre. Mais les appuis proviennent également de partout à travers la société civile. Par exemple le Congrès du travail du Canada a identifié depuis longtemps le registre comme l'un des moyens efficaces de contrer la violence faite aux femmes, propos qui sont corroborés par la porte-parole de la Transition House Association of Nova Scotia, Pamela Harrison, qui rappelle que les armes d'épaule sont impliquées dans la majorité des décès suivant des violences faites aux femmes. Le regroupement des proches des victimes du drame du Collège Dawson milite également en faveur du registre alors que l'Association canadienne des médecins d'urgence soutient sans ambages que « … le registre des armes à feu sauve des vies ».Le Barreau du Québec affirme enfin : « Avec l'actuelle Loi sur les armes à feu, la société a fait le choix d'assurer un contrôle accru et plus rigoureux des armes. Le Barreau du Québec estime qu'il est impératif de respecter ce choix et de ne pas opérer un retour en arrière. La Loi sur les armes à feu doit donc être maintenue telle qu'elle existe actuellement, car il en va de la sécurité de la population ».
Des témoignages éloquents
| Le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, tenait d’ailleurs des propos très clairs à ce sujet sur le site internet de la Fraternité le 13 mai 2010. En voici un extrait : |
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« Rarement aura-t-on vu une telle unanimité parmi les policiers canadiens, soit l’Association canadienne des policiers, l’Association canadienne des chefs de police et l’Association canadienne des commissions de police qui sont du même avis que les groupes de femmes et de prévention du suicide : le registre doit demeurer intact. […] Si le projet de loi C-391 est adopté, le Ruger mini 14 – utilisé par l’assassin à l’École Polytechnique le 6 décembre 1989 - n’aura plus à être inscrit au registre, ce qui est aberrant. ». |
Note : Les intéressés peuvent lire le billet du président de la Fraternité dans son intégralité. Cliquez sur ce lien pour télécharger la version PDF du document :Lettre_registre_des_armes_a_feu-1.pdf
D’autres témoignages…
« Ici, on a été les premiers témoins de la violence que peuvent causer les armes à feu. […] Les armes longues sont les plus utilisées dans les crimes contre la police, la violence conjugale et les suicides. Il faut les contrôler. »
– Mary Hlywa, coordonnatrice du programme de service social du collège Dawson.
« Je marche dans le collège et je crains que ça puisse arriver de nouveau. C’est pourquoi on veut que le registre se maintienne, et mieux, qu’on l’améliore. »
– Ariel Charney, étudiante au Collège Dawson de Montréal
« Il est du devoir de chacun des partis de l’opposition d’agir et d’assurer le maintien et l’intégrité des mesures législatives existantes au Canada, surtout que leur pertinence a été justifiée à maintes reprises. Il faut à tout prix préserver la sécurité de la population canadienne et freiner les intentions pro-armes des députés conservateurs. »
– Lucie Thibodeau, présidente de l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ)
« Je suis déçue que le Parti conservateur du Canada, qui prétend être le parti de la loi et de l’ordre, choisisse d’ignorer les policiers, les victimes et la grande majorité des Canadiens et poursuive son ordre du jour visant à démanteler le contrôle des armes à feu. Je suis déçue que les dirigeants du Parti libéral et du NPD ne semblent pas prêts à les arrêter. »
– Suzanne Laplante-Edward, mère de l’une des victimes du drame de l’École Polytechnique
« Le Barreau est d'avis que la Loi sur les armes à feu devrait être maintenue telle qu'elle existe actuellement et que l'abolition du registre des armes à feu représente une menace pour la sécurité du public. »
– Le Barreau du Québec |