Ottawa, le mardi 30 octobre 2007 – « Ottawa doit se contenter de dépenser dans ses propres champs de compétences. Si le reste du Canada accepte que le gouvernement fédéral continue à dépenser au-delà de cette limite, libre à lui. Mais on ne peut reconnaître la nation québécoise d'une part et nier les droits qu'implique cette reconnaissance d'autre part. Il faut un droit de retrait pour le Québec », a affirmé la porte-parole du Bloc Québécois en matière d'Affaires intergouvernementales et députée de Papineau, Vivian Barbot, en rappelant que l'amendement du Bloc Québécois au discours du Trône, qui portait notamment sur l'élimination du pouvoir fédéral de dépenser, a été rejeté sans appel par les conservateurs.
Le porte-parole du Bloc Québécois en matière de Finances et député de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup, Paul Crête, a quant a lui rappelé que son parti ne pouvait absolument pas adhérer à la proposition émise par Stephen Harper dans le discours du Trône. « Le premier ministre a limité son engagement aux nouveaux programmes à frais partagés, qui n'existent pratiquement plus, laissant en place les programmes instaurés par les libéraux et poursuivant ainsi des décennies d'ingérence. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette proposition n'engage pas beaucoup son gouvernement. À vrai dire, il s'agit simplement d'une coquille vide. Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que si le pouvoir fédéral de dépenser existe, c'est parce qu'Ottawa a trop de revenus pour ses responsabilités. Le déséquilibre fiscal n'est toujours pas réglé », a-t-il expliqué.
« Stephen Harper refuse d'aller au-delà des mots. La Chambre des communes a reconnu l'existence de la nation québécoise. Stephen Harper doit maintenant passer de la parole aux actes et éliminer, pour le Québec à tout le moins, le pouvoir fédéral de dépenser qui restreint la liberté de la nation québécoise. Tous les pouvoirs qui ont été confisqués par Ottawa au fil des ans doivent être ramenés à Québec. Comme peuple, les Québécoises et les Québécois veulent pouvoir déterminer eux-mêmes leur avenir », a fait valoir le député.
Vivian Barbot a rappelé par ailleurs qu'il existe un consensus au Québec pour contrer le pouvoir fédéral de dépenser. « Tous les premiers ministres du Québec ont voulu préserver la marge de manœuvre du peuple québécois. Les libéraux de Jean Charest ont appuyé eux aussi le rapport Séguin, qui recommande l'élimination du pouvoir fédéral de dépenser. À l'heure actuelle, il n'y a plus un seul champ de compétence exclusif du Québec qui ne soit pas envahi par Ottawa. C'est assez », a-t-elle martelé.
Selon Vivian Barbot, le rejet de la motion du Bloc Québécois illustre à quel point la reconnaissance de la nation québécoise par Stephen Harper est factice. « Peu importe le parti, je me serais attendue à ce que tous les députés québécois appuient la motion. Leur premier devoir est de représenter le peuple qui les a élus et de parler en son nom. Le Québec refuse la tutelle d'Ottawa. Une réelle reconnaissance de la nation québécoise exige que Stephen Harper respecte les intérêts fondamentaux de celle-ci. Il doit renoncer au fédéralisme paternaliste et dominateur qu'il avait d'ailleurs lui-même dénoncé en campagne électorale », a-t-elle finalement conclu.