Ottawa, le mardi 26 février 2008 – « Les Québécoises et les Québécois souhaitaient un changement de cap majeur du gouvernement Harper et des gains significatifs pour le Québec, mais le budget conservateur fait plutôt la preuve de son indifférence et de son entêtement à promouvoir son idéologie de droite, à cent lieues des intérêts et des valeurs des Québécoises et des Québécois. C'est pourquoi le Bloc Québécois votera contre ce budget », a annoncé le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe.
Le chef du Bloc Québécois a rappelé que son parti avait pourtant fixé clairement les conditions d'un appui du Bloc Québécois à ce budget. « Nous avons fait connaître nos demandes depuis des semaines, en spécifiant que nous exigions des avancées importantes pour le Québec en matière d'économie, d'éducation postsecondaire, de logement et de justice sociale, d'environnement et de culture. Ces priorités exprimées par le Bloc Québécois ont été élaborées à la suite de nombreuses consultations, afin de refléter fidèlement les priorités des Québécoises et des Québécois. Au total, le gouvernement Harper n'a malheureusement pas répondu aux attentes. Les conservateurs devront maintenant assumer les conséquences de leurs choix. Ils n'ont qu'eux à blâmer si des élections surviennent. Dans un tel cas, vous pouvez être assurés que la machine électorale du Bloc Québécois est prête et qu'ils nous trouveront sur le chemin du Québec », a poursuivi Gilles Duceppe.
Stephen Harper a les moyens
Le chef du Bloc Québécois rappelle que les conservateurs avaient les moyens pour répondre aux demandes de son parti, avec des surplus qui s'élèvent à 13 milliards $ pour 2007-2008 selon les chiffres du gouvernement, et d'une marge de manœuvre de 8,2 milliards $ pour l'exercice 2008-2009, selon les calculs du Bloc Québécois, des calculs qui se sont traditionnellement avérés extrêmement précis à chaque année.
« Malgré cela, les conservateurs ont préféré poursuivre la politique du tout-à-la-dette : augmenter les dépenses militaires, maintenir leur aide aux pétrolières de l'Ouest et favoriser le développement du nucléaire, alors que des pans entiers de l'économie du Québec souffrent du laisser-faire d'Ottawa », a ajouté Gilles Duceppe.
Pour ce qui est des 10,2 milliards $ de surplus pour 2007-2008 que le gouvernement Harper entend consacrer totalement à la dette, le chef du Bloc Québécois exhorte finalement les conservateurs à revenir sur leur position avant la fin de l'actuelle année financière, question de répondre aux besoins immédiats identifiés par le Bloc Québécois.
Les industries manufacturière et forestière
« Les industries manufacturière et forestière sont plongées dans une crise sans précédent qui a déjà coûté plus de 150 000 emplois à travers le Québec et qui compromet l'épanouissement économique de plusieurs de nos communautés. Sous les pressions répétées du Bloc Québécois, le gouvernement Harper a consenti quelques montants afin d'apaiser les répercussions de cette crise mais ces montants sont largement insuffisants, et leur répartition est inéquitable pour le Québec. Le budget n'apporte rien de nouveau pour ces secteurs économiques vitaux pour le Québec. Le gouvernement a même poussé l'injure jusqu'à offrir 250 millions $ pour l'industrie automobile de l'Ontario », a enchaîné le porte-parole en matière de Finances et député de Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup, Paul Crête.
Les travailleuses et les travailleurs
« Les travailleuses et les travailleurs sont également laissés pour compte. Les conservateurs créent effectivement un fonds de réserve pour la caisse d'assurance-emploi, une réserve remboursable à même les surplus de la caisse, mais ils cautionnent le pillage de la caisse en refusant de rembourser les 50 milliards $ et plus qui y ont été puisés. Par ailleurs, ils continuent d'ignorer la nécessité de mettre sur pied un véritable programme d'aide aux travailleurs âgés de type PATA », a poursuivi Paul Crête.
Les personnes âgées
« Lors de la dernière campagne fédérale, les conservateurs avaient formellement promis de rendre justice aux personnes âgées flouées par la mauvaise gestion du programme de Supplément de revenu garanti. Mais depuis ce temps, ils ont renié leur promesse. Les personnes âgées sont en droit d'attendre justice, c'est-à-dire la pleine rétroactivité pour les montants perdus ainsi qu'une indexation qui leur permette d'atteindre le seuil du faible revenu. Là encore, on ne trouve rien de ces demandes dans le budget Harper, qui se contente de recommander aux personnes âgées dans le besoin de retourner travailler », a poursuivi Paul Crête.
L'éducation postsecondaire
« Le Bloc Québécois avait souligné les besoins de hausser les transferts au bénéfice de l'éducation postsecondaire et donc des jeunes, afin de contrer le désengagement d'Ottawa au cours de la dernière décennie. Il s'agit d'une priorité de longue date puisqu'elle s'inscrit directement dans la bataille pour éliminer le déséquilibre fiscal. Or, l'examen attentif ne laisse rien déceler qui puisse aller dans le sens d'une bonification des transferts », a expliqué Paul Crête.
Les femmes
« En coupant par idéologie les programmes de promotion des droits des femmes, le gouvernement conservateur a provoqué un immense recul, certains de ces groupes n'ayant pas survécu à ce geste de mépris et de provocation. Stephen Harper ajoute l'insulte à l'injure en ignorant la chance qui lui était donnée de rétablir ce financement. C'est clairement à l'encontre des valeurs des Québécoises et des Québécois. Six petites lignes sur la condition des femmes dans le budget : c'est inacceptable », a poursuivi le porte-parole adjoint en matière de Finances et député de Saint-Maurice—Champlain, Jean-Yves Laforest.
Le logement social et abordable
« Le Bloc Québécois avait proposé d'utiliser une petite partie des surplus de 7 milliards $ de la Société canadienne d'hypothèques et de logement pour répondre aux besoins immenses en matière de logement social et abordable dans nos villes. Encore là, cette situation a été engendrée par le désengagement irresponsable du fédéral au fil des ans. La solution envisagée était simple à mettre en œuvre mais les conservateurs ont choisi de détourner la tête, prouvant encore une fois son ignorance des valeurs de solidarité des Québécoises et des Québécois », a repris le porte-parole du Bloc Québécois.
L'environnement
« Le gouvernement Harper s'est rapidement forgé une réputation de paria environnemental et il le démontre encore une fois en ignorant nos demandes pour un investissement substantiel afin de favoriser la lutte aux GES. Les conservateurs ont en même temps choisi de maintenir leurs généreux privilèges fiscaux aux pétrolières, ce qui constitue un puissant révélateur de leurs propres priorités, dictées par les riches intérêts de l'Ouest canadien. De plus, au lieu de mettre immédiatement en place des cibles permettant l'émergence d'une bourse du carbone, il continue à gagner du temps », a-t-il enchaîné.
La culture
« Quand on sait l'importance que prend la culture pour l'affirmation d'une nation comme le Québec, la minceur du budget laisse pantois. Le Bloc Québécois réclamait le rétablissement des programmes d'aide aux musées et de diplomatie publique, en plus du réinvestissement dans le Fonds du long métrage, au Conseil des arts et dans le Fonds de télévision. Pour toute réponse, les conservateurs offrent huit millions $ sur deux ans pour le financement des musées. C'est à peine la moitié de ce que réclamait le Bloc Québécois pour le réinvestissement en faveur des musées », lance Jean-Yves Laforest.
Le financement des infrastructures
« Les gens des villes et villages du Québec ont un urgent besoin d'aide pour renouveler leurs infrastructures et c'est pourquoi nous avons suggéré d'utiliser une plus grande partie de la taxe sur l'essence pour accélérer les programmes d'infrastructures. En rendant le transfert de la taxe permanent, le gouvernement Harper a effectué un premier pas mais il s'est arrêté en chemin puisqu'il a refusé d'accélérer la hausse de 2¢ à 5¢ dès cette année », a conclu Paul Crête.