Montréal, le mardi 10 octobre 2006 – Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, s'est joint aux travailleuses et aux travailleurs de la compagnie Cardinal, qui fermera ses portes le 27 octobre prochain, pour réclamer des mesures d'aide pour l'industrie québécoise du vêtement devant la nouvelle concurrence étrangère, et particulièrement chinoise.
Le chef du Bloc Québécois a souligné que l'augmentation trop rapide des importations chinoises cause une désorganisation de l'industrie, alors que cette dernière ne dispose pas de suffisamment de temps pour s'ajuster à cette nouvelle réalité. Dans un tel contexte, l'industrie a besoin de mesures qui lui permettront de survivre le temps qu'elle procède aux ajustements nécessaires.
« Avec la fin de l'Accord sur les textiles et les vêtements, le 31 décembre 2004, l'industrie est entrée dans une phase extrêmement difficile. De nombreuses barrières protégeant les entreprises québécoises de la concurrence de pays où la main-d'œuvre est à très bon marché ont été éliminées », a expliqué le chef du Bloc Québécois.
« La perte de ces emplois chez Cardinal n'est qu'un exemple de plus de ce qui se produit dans notre industrie. Le gouvernement du Canada doit suivre l'exemple des États-Unis, de l'Union Européenne et, récemment, de l'Afrique du Sud, et prendre des mesures pour sauvegarder nos emplois en négociant avec la Chine », a pour sa part déclaré Lina A. Aristeo du Conseil du Québec UNIS (FTQ), qui représente les employés de la compagnie Cardinal.
Gilles Duceppe a ainsi rappelé le plan du Bloc Québécois visant à permettre à l'industrie de tenir le coup dans l'immédiat et ensuite à reprendre sa place sur les marchés québécois et international. Ce plan propose des mesures adaptées aux besoins de l'industrie, provenant des consultations avec ses membres partout à travers le Québec :
1. Recours aux mesures de sauvegarde prévues aux accords commerciaux :
· en instaurant des quotas sur les importations chinoises en vertu du protocole d'accès de la Chine à l'OMC;
· en s'assurant du maintien des tarifs à l'importation de vêtements et du textile.
2. Mise en place de mesures d'encouragement à l'utilisation des textiles québécois et canadiens :
· en imposant des règles d'origine plus strictes aux pays les moins avancés;
· en adoptant, lorsque cela est conforme aux accords internationaux, une politique d'achat local.
3. Adoption d'une politique internationale susceptible d'éviter des délocalisations à rabais :
· en demandant à certains pays de hausser leurs normes minimales de travail et leurs normes environnementales;
· en imposant un étiquetage permettant aux consommateurs de retracer la provenance exacte des produits qu'ils achètent.
4. Adoption d'un plan d'aide aux travailleurs des entreprises qui ferment leurs portes :
· en augmentant les transferts vers Québec pour la formation professionnelle;
·en créant un programme d'aide aux travailleurs et travailleuses âgés;
« Le Bloc Québécois est favorable à l'ouverture des frontières canadiennes aux produits étrangers, mais un tel processus doit être accompagné de balises afin d'éviter la délocalisation à rabais des emplois et les pratiques commerciales déloyales, comme le dumping. En vertu de telles pratiques, les multinationales sont souvent tentées de fermer leurs usines au Québec et dans les provinces pour transférer leurs opérations dans des régions comme le sud-est asiatique, où elles décuplent leurs profits en raison des bas salaires et de l'absence fréquente de réglementation en matière de travail. Les États-Unis et l'Union Européenne n'ont pas hésité à venir en aide à leur industrie du vêtement. Ottawa doit intervenir lui aussi pour permettre à l'industrie québécoise de reprendre sa place », a conclu
Gilles Duceppe.