Ottawa, le lundi 24 novembre 2008 – « Le gouvernement fédéral a la responsabilité d'agir au moment où nous entrons dans une période de crise économique. Or, Ottawa a les moyens de le faire, et ce, sans accroître le service de la dette et sans créer de déficits récurrents. C'est pourquoi le Bloc Québécois propose un plan pour venir en aide aux entreprises comme à l'ensemble de la population. Un plan en trois volets qui contribuera significativement à stimuler l'économie, en injectant quelque 24,2 milliards de dollars dans l'économie », a déclaré aujourd'hui le porte-parole du Bloc Québécois en matière de Finances et député de Saint-Maurice—Champlain, Jean-Yves Laforest, dans le cadre de la présentation du plan de relance du Bloc Québécois visant à contrer les effets de la crise sur la population et l'économie.
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Cliquez ici pour télécharger la présentation PowerPoint du plan de relance pour l'économie (PPS, 5 Mo)
« Ottawa possède une marge de manœuvre financière considérable. Dans un premier temps, il peut générer d'importantes économies dans ses dépenses bureaucratiques sans mise à pied. Il peut aussi lutter contre l'utilisation des paradis fiscaux et éliminer les privilèges aux pétrolières. Il lui est également possible d'utiliser une partie de ses actifs financiers pour les réinvestir dans l'économie et stimuler celle-ci. On ne parle même pas ici des immeubles, mais simplement d'argent liquide, de prêts et de placements. Tout ce qu'il faut, c'est de la volonté politique. Le plan que nous présentons aujourd'hui est réaliste et peut être mis en œuvre dès maintenant », a expliqué Jean-Yves Laforest, appuyé à cette occasion du leader parlementaire du Bloc Québécois et député de Joliette, Pierre Paquette, ainsi que du vice-président du Bloc Québécois, Jacques Léonard.
Une marge de manœuvre amplement suffisante
« Depuis neuf ans, explique pour sa part Jacques Léonard, les dépenses bureaucratiques ont connu un bond phénoménal à Ottawa. Il est possible d'y faire des économies sans congédier un seul fonctionnaire et même en poursuivant les processus d'embauche. Ottawa pourrait ainsi dégager des économies d'un peu plus de six milliards de dollars en deux ans. Le Bloc Québécois suggère également une stratégie pour mettre fin à l'utilisation des paradis fiscaux, de même que la fin des privilèges fiscaux accordés aux pétrolières. Nous considérons que la seule mesure d'élimination des privilèges aux pétrolières permettrait à elle seule de récupérer des revenus de l'ordre de 5,9 milliards de dollars sur deux ans. »
« Rappelons par ailleurs que les actifs financiers d'Ottawa ont triplé depuis 1998. Au 31 mars 2008, il y avait ainsi pas moins de 176 milliards de dollars d'actifs financiers à la disposition du gouvernement fédéral. Le Bloc Québécois propose de puiser dans les surplus de la SCHL et dans le Compte d'opérations de change l'équivalent d'à peine 4 % de ses actifs. Ces mesures offriraient une marge de manœuvre de 27,7 milliards de dollars sur deux ans, ce qui laisserait une réserve pour éventualités de 3,5 milliards de dollars », a expliqué le vice-président du Bloc Québécois.
Encourager les entreprises de chez nous et mieux soutenir nos gens
Le leader parlementaire du Bloc Québécois, Pierre Paquette, a pour sa part rappelé que la plupart des pays de l'OCDE ont déjà adopté des mesures pour stimuler leur économie et pour aider les gens. Selon lui, le gouvernement conservateur doit profiter de son énoncé économique qui sera dévoilé dans quelques jours pour saisir le taureau par les cornes et y aller d'annonces concrètes.
« Le gouvernement fédéral peut prendre des mesures, dont certaines ne coûtent absolument rien et qui auront des effets positifs sur l'économie. Par exemple, les conservateurs devraient profiter de leur énoncé économique pour adopter une loi sur les achats préférentiels qui ferait en sorte que les achats de biens et services du gouvernement fédéral profitent avant tout aux entreprises québécoises et canadiennes. Cette mesure pourrait être couplée à l'adoption d'un règlement obligeant tous les organismes fédéraux à utiliser des produits forestiers dans les constructions fédérales. Toutes ces mesures sont applicables rapidement, sans impact budgétaire notable », souligne Pierre Paquette.
« Plus spécifiquement en ce qui concerne l'aide aux entreprises, le Bloc Québécois propose la création d'un fonds inspiré du programme Corvée habitation et qui pourrait ainsi prendre le nom de Fonds corvée modernisation, une initiative qui permettrait de hausser la productivité et donc la compétitivité de nos entreprises. Un autre fonds pourrait aussi être mis sur pied pour stimuler la construction et la rénovation des logements abordables, ce qui profiterait à la fois aux familles à faible revenu et aux entreprises du secteur de la construction. Diverses mesures d'investissements dans les entreprises fédérales de transport doivent aussi être instaurées. Le Bloc Québécois a également déjà proposé la mise sur pied d'un plan complet de soutien aux secteurs manufacturier et forestier », explique toujours le porte-parole du Bloc Québécois.
« Enfin, le Bloc Québécois propose un dernier volet qui s'attache particulièrement à soutenir la population affectée par la crise, en offrant notamment un meilleur soutien aux municipalités, aux aînés et aux travailleurs. Dans un premier temps, il est nécessaire que le gouvernement de Stephen Harper respecte intégralement la formule de péréquation au lieu de pelleter ses problèmes dans la cour du Québec et des provinces. Pour les municipalités, le Bloc Québécois propose de hausser dès maintenant à 0,05 dollar le transfert de la taxe sur l'essence destinée aux municipalités. Le Bloc Québécois propose également l'abolition du délai de carence de deux semaines de l'assurance-emploi afin d'aider les gens qui perdent leur emploi. Pour les aînés, nous proposons une hausse graduelle du Supplément de revenu garanti ainsi que le remboursement progressif aux personnes âgées qui ont été flouées en raison de la mauvaise gestion du gouvernement fédéral. Le soutien au revenu agricole doit aussi être augmenté, car plusieurs producteurs se sont considérablement appauvris ces dernières années », a poursuivi Pierre Paquette.
Travailler dans un esprit constructif
« Voilà donc un plan de relance autant réaliste qu'énergique, qui fait la démonstration qu'il est possible d'agir pour relancer l'économie et offrir ainsi aux gens comme aux entreprises les outils dont ils ont besoin pour affronter la crise. Ce plan fait la preuve que les actions sont possibles et qu'elles peuvent être rapidement mises en oeuvre. Le Bloc Québécois attend maintenant du gouvernement fédéral qu'il prenne ses responsabilités et qu'il travaille dans un esprit constructif en s'inspirant des nombreuses propositions que nous déposons aujourd'hui », a conclu Jean-Yves Laforest.
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