Rimouski, le samedi 22 septembre 2007 – « Comme il l'a toujours fait, le Bloc Québécois défendra les intérêts du Québec au moment de la présentation du discours du Trône. Nous avons cinq exigences qui correspondent aux besoins de la nation québécoise. Le discours du Trône constitue un test pour les conservateurs. On va alors voir si la reconnaissance de la nation québécoise n'est que symbolique ou si elle est concrète, si les conservateurs vont passer de la parole aux actes », a lancé aujourd'hui le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, lors d'un discours prononcé à l'occasion du premier Forum régional de réflexion du Bloc Québécois sur le développement du Québec, qui se tenait à Rimouski.
« L'élimination complète du pouvoir fédéral de dépenser, des mesures fiscales pour les régions touchées par la crise forestière, l'engagement de maintenir intégralement le système de gestion de l'offre, la mise en œuvre du Protocole de Kyoto en tout respect des intérêts du Québec et, sur la question afghane, le retrait en février 2009, sont toutes des exigences non négociables », a déclaré Gilles Duceppe.
Élimination complète du pouvoir de dépenser
Le chef du Bloc Québécois a rappelé que son parti a réussi, après une longue bataille, à forcer Ottawa à s'attaquer au problème du déséquilibre fiscal. Il a toutefois précisé que le règlement actuel n'est que partiel.
« Les conservateurs nous disent que le problème du déséquilibre fiscal est réglé mais c'est faux. Stephen Harper n'a pas respecté sa promesse formelle auprès des Québécois d'éliminer complètement le déséquilibre fiscal. Au nom des compétences du Québec, le Bloc Québécois ne se contentera pas d'engagements vaporeux évoquant un encadrement du pouvoir de dépenser d'Ottawa, ou une charte bidon du fédéralisme tel que proposé dans le dernier budget conservateur. Nous voulons un engagement clair et net. Le Bloc Québécois exige l'élimination du pouvoir fédéral de dépenser dans le discours du Trône. C'est non négociable », a prévenu Gilles Duceppe.
Des mesures fiscales pour les régions touchées par la crise forestière
« Nous, du Bloc Québécois, avons rencontré beaucoup de gens aux quatre coins du Québec qui sont touchés par la crise forestière et nous avons senti de grandes inquiétudes. Ces gens ont raison parce que ce qui se passe n'est pas beau à voir. Nous allons donc respecter notre promesse de continuer à nous battre pour eux face à ce gouvernement conservateur insensible qui refuse de prendre ses responsabilités en venant en aide aux gens. Stephen Harper devra mentionner très clairement l'intention de son gouvernement de soutenir activement, par des mesures fiscales, les hommes et les femmes touchés par la crise forestière. C'est une condition non négociable à notre appui », a poursuivi le chef du Bloc Québécois.
Maintien intégral de la gestion de l'offre
Le chef du Bloc Québécois a par ailleurs rappelé que nous avons la chance de compter au Québec sur un système qui garantit une agriculture durable, qui nous permet d'occuper le territoire et qui assure la dignité à nos producteurs agricoles par le biais d'un revenu minimal garanti. Ce système, c'est la gestion de l'offre. Or, souligne-t-il, nos producteurs agricoles sont inquiets eux-aussi. Ils savent que les conservateurs rêvent du jour où ils vont pouvoir abolir le système de gestion de l'offre.
« Les conservateurs prétendent qu'ils vont défendre la gestion de l'offre mais ils trahissent leurs promesses. Nous avons d'ailleurs des déclarations qui le prouvent, de la part de Maxime Bernier, ou encore de David Emerson qui déclarait, et je cite « …entrevoir le moment où nous devrons tout simplement dire à quelques secteurs récalcitrants qu'il existe des intérêts nationaux et que nous devrions faire la transition vers un environnement concurrentiel mondial ». C'est de l'agriculture québécoise qu'il nous parle et ce qu'il nous dit, c'est que la gestion de l'offre devra être sacrifiée au nom des intérêts nationaux du Canada. Et tant pis pour les intérêts nationaux du Québec! », a poursuivi Gilles Duceppe.
« Tant que nous sommes là, les élus du Bloc Québécois nombreux à Ottawa, tant que le gouvernement fédéral est en minorité et qu'on lui garde la bride serrée, on ne touchera pas à la gestion de l'offre. On ne va pas laisser tomber notre monde et, dans le discours du Trône, nous exigeons l'engagement formel du gouvernement qu'il va maintenir la gestion de l'offre. Ça non plus ce n'est pas négociable », a-t-il expliqué.
Afghanistan : retrait en 2009
« Stephen Harper nous envoie des signaux confus sur l'Afghanistan. Il refuse de s'engager à quitter Kandahar en 2009 et il refuse de nous dire s'il veut que les troupes y restent après 2009. C'est de la lâcheté politique et de l'hypocrisie. Le premier ministre devra dans le discours du Trône se prononcer clairement et écrire noir sur blanc que le Canada va se retirer en 2009. C'est non négociable », a lancé Gilles Duceppe.
Respect intégral de Kyoto et des intérêts du Québec
« L'un des principaux défis du Québec au cours des prochaines années sera de réduire notre dépendance au pétrole. Il s'agit là de l'un des moyens les plus sûrs de nous enrichir, particulièrement dans les régions. L'application du Protocole de Kyoto nous aidera fortement à atteindre ce but. Malheureusement, si on laissait faire le conservateurs Kyoto serait mort et enterré, ce qui va complètement à l'encontre des intérêts du Québec. Le Bloc Québécois n'a pas l'intention de plier là-dessus. Nous voulons le respect de Kyoto, des cibles de réduction absolues, de l'approche territoriale et la création d'une bourse du carbone à Montréal. Encore là, ce n'est pas négociable », a prévenu le chef du Bloc Québécois.
« Stephen Harper a décidé de nous mettre au défi avec un discours du Trône. Ça tombe bien, nous avons des exigences très claires et très précises, ainsi que la volonté très ferme de nous tenir debout pour le Québec. S'il faut aller en élections, nous irons. Nous expliquerons alors aux Québécois que la supposée ouverture des conservateurs n'est qu'une façade. Nous leur expliquerons que si le Québec a réussi à obtenir des gains substantiels, c'est parce que le Bloc Québécois était fort à Ottawa. Et nous gagnerons », a conclu Gilles Duceppe.
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