Ottawa, mardi 11 mai 2010 – Dans le cadre de la journée d'opposition du Bloc Québécois, la motion déposée par le leader parlementaire du Bloc Québécois et député de Joliette, Pierre Paquette, demandant à la Chambre des communes de constater que le fédéralisme canadien n'est pas renouvelable, 20 ans après Meech, s'est heurtée au refus des députés des partis conservateur, libéral et néo-démocrate. « Le rejet de notre motion par les trois partis fédéralistes vient souligner l'ampleur de leurs contradictions et leurs illusions quant au fédéralisme. En effet, ils ne sont pas prêts à admettre que le fédéralisme n'est pas renouvelable, et ce, même si les conditions liées à l'accord de Meech n'ont pas été comblées, 20 ans plus tard. Toutefois, ils ne sont pas davantage prêts à aller au-delà de la reconnaissance symbolique de la nation québécoise. Plus que jamais, au Bloc Québécois, nous sommes fermement convaincus que la souveraineté demeure la seule voie d'avenir pour la nation québécoise, qui pourra ainsi contrôler tous les leviers afin d'assurer son plein épanouissement », a déclaré Pierre Paquette.
« Les résultats du sondage réalisé par la firme Repère communication recherche pour le compte des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO) et du Bloc Québécois, présentés lors du colloque du 8 mai dernier, ont clairement démontré que la possibilité de réformer le fédéralisme canadien pour répondre aux aspirations de la nation québécoise n'est qu'une grande illusion. Pour les Canadiens, il n'y a aucune volonté d'accommoder, de quelque façon que ce soit, le Québec qui s'est pourtant fait imposer contre son gré la Constitution canadienne de 1982. Le fait que le gouvernement conservateur s'apprête à diminuer le poids politique du Québec à la Chambre des communes et à créer une commission pancanadienne des valeurs mobilières montre à quel point la reconnaissance de la nation québécoise demeure et demeurera symbolique », a-t-il poursuivi.
« Le rejet aujourd'hui de la motion d'opposition du Bloc Québécois illustre parfaitement le mirage canadien : alors que la porte est fermée à double tour pour le Québec, les partis fédéralistes continuent de nous faire miroiter l'image d'un Canada idéal qui serait prêt à nous accommoder. Mais les Québécoises et les Québécois ne doivent pas être dupes, ils doivent regarder la réalité en face : toutes les avancées pour le Québec dans le Canada qui font consensus auprès des Québécois sont rejetées par les Canadiens. Pire encore, les Canadiens nient carrément aux Québécois le droit de se séparer du Canada. Et pendant ce temps-là, les Canadiens continuent à construire leur pays comme ils l'entendent, et ce, au détriment du Québec. La seule solution pour sortir de ce cul-de-sac canadien, c'est qu'une majorité démocratique de Québécoises et de Québécois se donne un pays en se prononçant en faveur de la souveraineté », a conclu Pierre Paquette.
Voici le texte de la motion d'opposition déposée par Pierre Paquette, qui a été défaite aujourd'hui par les députés conservateurs, libéraux et néo-démocrates :
« Que cette Chambre constate que le fédéralisme n'est pas renouvelable puisque, vingt ans après l'échec de l'Accord du Lac Meech, le Québec ne dispose pas du pouvoir de choisir trois juges à la Cour suprême du Canada, ni d'un droit de retrait avec compensation des programmes fédéraux dans ses champs de compétence, ni d'un réel véto en matière d'amendements constitutionnels et son statut de nation ne fait toujours pas l'objet d'une reconnaissance constitutionnelle. »