Mercredi 17 mars 2010
Dossier spécial

Leçon 1 : Faire des promesses auxquelles on ne croit aucunement

 

Dans une ultime tentative pour s’attirer le vote des femmes à quelques jours de l’élection générale du 28 janvier 2006, Stephen Harper a signé, le 18 janvier 2006, une déclaration brève, mais combien chargée d’heureux auspices (consulter la lettre originale, en anglais – PDF, 300 Ko).

 

Cette missive affirme solennellement ce qui suit :

 

 

 

 

 

 

« Oui, je m’engage à soutenir les droits humains des femmes et je conviens que le Canada doit faire plus pour respecter ses obligations internationales envers l’égalité des femmes.

Si je suis élu, je prendrai des mesures concrètes et immédiates, tel que recommandé par les Nations Unies, pour m’assurer que le Canada respecte entièrement ses engagements envers les femmes au Canada.

Sincèrement,
L’honorable Stephen Harper »

 

La suite des choses nous en aura dit long sur la personnalité du premier ministre et sur son degré de « sincérité »...

Des preuves?

  • À peine arrivé au pouvoir, Stephen Harper a fait fi de ses promesses pour fermer 12 des 16 bureaux de Condition féminine Canada. Ne reste au Québec que le bureau de Montréal. Ce n’était que la première phase d’une vaste opération visant ni plus ni moins que l’élimination des groupes de revendication des droits des femmes par suffocation.
  • Il a ensuite mis la hache dans le Programme de contestation judiciaire et dans le Programme de promotion de la femme.
  • Malgré le fait que, de nos jours encore, les femmes qui travaillent à temps complet gagnent en moyenne 70 % du salaire des hommes, Stephen Harper a jusqu’ici refusé catégoriquement de légiférer sur l’équité salariale.
  • Bien que, de nos jours encore, deux femmes sur trois ne reçoivent aucune prestation lorsqu’elles perdent leur emploi, Stephen Harper et les conservateurs se sont opposés une fois de plus en décembre 2007 aux réformes au régime d’assurance-emploi proposées par le Bloc Québécois afin de corriger le problème et refuse toujours d’engager une réforme sérieuse du régime.
  • Malgré les belles promesses de ne pas rouvrir le débat sur l’avortement, le gouvernement de Stephen Harper a déposé le projet de loi C-484. Ce projet de loi avait pour effet de modifier le Code criminel en redéfinissant le statut juridique du fœtus, devenant « enfant non encore né ». Ceci remettait éventuellement en cause le droit à l’avortement, un droit acquis de longue date par les femmes et qui fait d’ailleurs l’objet d’un large consensus au sein de la société québécoise.

Les accomplissements du premier ministre, ce sont ceux d’un homme qui nie les problèmes des femmes et qui refuse toute action pouvant améliorer leur statut. Pour Stephen Harper, ces problèmes n’existent simplement pas!

 


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