L’utilisation massive des nouvelles technologies d’enregistrement et de reproduction constitue un bouleversement majeur pour le secteur culturel. Dans des secteurs tels que la littérature ou l’industrie musicale par exemple, ou encore ceux du jeu ou du logiciel, les artisans encaissent depuis plusieurs années des pertes importantes de leurs revenus en raison du piratage et des téléchargements illégaux.

Or, au lieu de prêter l’oreille aux créateurs qui constituent les véritables fondations de l’industrie de la culture québécoise, le gouvernement de Stephen Harper a choisi encore une fois de tenter d’imposer un plan qui pénalisera plus encore leurs revenus et ce, encore une fois au profit des grandes entreprises.

Le Québec fait front commun contre le projet de loi

Les créateurs québécois ont dénoncé de toutes leurs forces C-32, et C-11 de la même façon, soulignant notamment l’absence de continuité logique dans le positionnement proposé par Ottawa : « On reconnaît que la musique vaut quelque chose quand on la copie sur un CD, mais elle ne vaut plus rien si on la copie sur un enregistreur audionumérique », a rappelé à ce sujet la chanteuse Marie Denise Pelletier, l’une des figures qui se sont impliquées à plusieurs reprises afin de dénoncer la menace entraînée par les dispositions de C-11 sur l’industrie culturelle québécoise et ses artisans.

Des dispositions réclamées par les artisans aussi essentielles que l'imposition de redevances aux fournisseurs de service Internet afin de compenser les pertes entraînées par le téléchargement illégal restent ainsi toujours à ce jour lettre morte. Pourtant, les voix sont insistantes à travers le Québec afin d’appuyer ses créateurs.

L'Assemblée nationale a rejeté à l'unanimité le projet de loi du gouvernement Harper en demandant des amendements substantiels. Des organisations bien au fait des conséquences engendrées par l’adoption des dispositions actuellement sur la table comme le Barreau du Québec et l'Union des consommateurs ont protesté de la même façon. Même la Fédération des commissions scolaires du Québec constate que les dommages entraînés pour l’industrie de la création excèdent les avantages que le projet de loi conservateur laisse miroiter au milieu de l’éducation.

Pour une juste rétribution

Le Bloc Québécois soutient qu’il faut moderniser le système de la copie privée en tenant compte de la réalité des créateurs et des autres artisans qui est celle d’obtenir une juste rétribution pour leur travail. Il faut notamment maintenir les contributions provenant de l'éducation ainsi que les redevances versées par les radiodiffuseurs pour l'enregistrement éphémère. Les artistes et les autres artisans de la création ont besoin de ces revenus. Sans cette rétribution légitime, c’est la survie elle-même à moyen terme de l’industrie québécoise de la création qui est en jeu.

« En redéposant un projet de loi sur le droit d'auteur qui est, un copier-coller de C-32, un projet de loi rejeté catégoriquement par les créateurs, les conservateurs démontrent à nouveau leur mépris pour la vitalité de la culture québécoise. Le projet de loi des conservateurs oublie un principe fondamental : les artistes ont besoin de revenus pour vivre et pour continuer à créer. »
- Louis Plamondon, député de Bas-Richelieu-Nicolet-Bécancour

« Il est clair que l'effet de ce projet de loi sera l'appauvrissement de nos artistes au profit de la grande entreprise. Les conservateurs n'ont pris en compte aucune des critiques légitimes et proposent des modifications qui avantageront nettement la grande industrie du logiciel, du logiciel de jeu, du film et de la radiodiffusion au détriment des droits de nos artistes et de nos artisans. »
- André Bellavance, député de Richmond-Arthabaska

« Accepter le principe voulant que l’accessibilité aux œuvres soit synonyme de gratuité aurait pour effet de nier l’importance de la contribution des auteurs à l’éducation de nos enfants et de fragiliser le secteur de l’édition scolaire. »
- Extrait du mémoire de la Fédération des commissions scolaires du Québec sur C-32 (ex C-11)

« Le projet de loi […] sonne le glas de la copie privée en plus de déresponsabiliser complètement les fournisseurs de services Internet qui profitent déjà des contenus culturels gratuitement. Il dispense le milieu de l'éducation du paiement des droits d'auteurs et torpille le droit de reproduction. »
- L’Union des artistes

Le saviez-vous?

  • Le projet de loi C-11 est en fait une copie carbone du projet de loi C-32 déposé par le gouvernement Harper en juin 2010. C-32 est mort au feuilleton avec le congédiement de la Chambre, au printemps 2011
  • Les créateurs de tous les horizons se sont mobilisés pour s’opposer au projet de loi du gouvernement à Ottawa sur le droit d’auteur. Ils se sont exprimés notamment par la voix de la SPACQ, l'UDA, ARTISTI, la SOCAN, la SODRAC, la GMMQ, l'ADISQ, l'APEM, la SARTEC, la SOPROQ, l'AQAD, COPIBEC, l'UNEQ, le RAAV, l'APASQ, la SOQAD et le CMAQ
  • Selon l’Union des artistes, l’effet cumulé des différentes mesures introduites dans le cadre de C-32, et de C-11, entraînerait une perte de revenus avoisinant les 70 % pour les créateurs
  • C’est d’autant plus dramatique que, selon l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, 65 pour cent des auteurs québécois gagnent moins de 5000 $ par année
  • En tenant compte des effets directs et indirects, la contribution du secteur de la culture à l'économie québécoise se chiffre annuellement à plus de 3,4 milliards de dollars


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