Le projet de loi C-32 expliqué
5. Pourquoi les artistes ont-ils vraiment besoin d'une redevance sur les supports numériques?
L'idée que les artistes sont tous riches est un mythe. En fait, pour la plupart, les artistes ont des revenus très modestes. Selon le ministère de la Culture et des Communications du Québec, en 2001, trois groupes d'artistes ont un revenu total moyen inférieur à celui de l'ensemble des contribuables québécois. Les artistes en métiers d'art ont un salaire annuel moyen de 18 751 dollars, les danseurs de 20 215 dollars et les artistes en arts visuels de 27 741 dollars.
De plus, près de 62 % d'entre eux sont des travailleuses et travailleurs autonomes et ils n'ont donc pas accès ni à l'assurance-emploi, ni à aucune forme d'avantages sociaux.
Pourtant, ils offrent chaque année au Québec plus de 10 000 représentations, expositions, publications et manifestations culturelles de toutes sortes. En tenant compte des effets directs et indirects, la contribution du secteur de la culture à l'économie québécoise se chiffre à plus de 3,4 milliards de dollars.
Le gouvernement ne veut pas imposer de redevances sur l'achat de support numérique, tels que les iPod et les MP3. Or, les cassettes vierges ont presque disparues et l'utilisation de CD est en chute libre. Si les artistes continuent de ne recevoir des redevances de droits d'auteur que sur l'achat de cassettes et CD vierges, ils finiront par tout simplement ne plus recevoir de redevances sur leurs droits d'auteur. Pourtant, ces droits d'auteur ne sont pas un privilège, mais un droit : leurs œuvres sont le fruit de leur travail.
Pour continuer de participer directement à l'épanouissement et à la diffusion de la culture québécoise, les artistes ont besoin d'un salaire décent. Appauvrir les artistes, c'est appauvrir notre culture.