Sortir de notre dépendance au pétrole
Pourquoi rester accros au pétrole?
La lutte au réchauffement climatique passe invariablement par une modification de notre rapport avec l’énergie, notamment à l’égard des énergies fossiles.
Avec la Norvège, le Québec est la seule société industrialisée où le pétrole n’est pas la première source d’énergie.
Mais malgré les efforts importants consentis au Québec et dans certaines provinces, le bilan du Canada restera négatif au cours des prochaines années sous l’impact conjugué du laxisme inacceptable du gouvernement fédéral et de la poursuite de croissance de la production du pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta, voire de son accélération, pour satisfaire la demande des États-Unis.
Au Canada en 2005, 37 % des émissions totales de GES étaient attribuables seulement à l’industrie pétrolière et gazière et à la production d’électricité (centrales au charbon, au gaz naturel et au mazout). Si le Canada veut réduire ses émissions de GES, il doit donc nécessairement s’attaquer à ces secteurs.
Ce qu’on peut faire
Le Québec peut réduire de moitié sa dépendance au pétrole d’ici 10 ans. Par dépendance au pétrole, nous entendons la part du pétrole dans le bilan énergétique.
Le Bloc Québécois estime que pour entreprendre ce virage important, six objectifs peuvent être fixés.
Redonner rapidement de la marge de manœuvre à Hydro-Québec
Objectif: augmenter de 18 % l’efficacité des résidences et réduire de 15 % la consommation en 10 ans.
Par des mesures assez sommaires d’efficacité thermique, on peut réduire de 65 % l’écart entre les vieilles maisons et les maisons plus neuves, selon le ministère fédéral des Ressources naturelles.
Poursuivre l’abandon du pétrole dans les résidences, les commerces et les industries
Objectif: réduire de moitié en dix ans le nombre de résidences chauffant au mazout (de 60 % leur consommation, compte tenu des mesures d’efficacité énergétique) et réduire de 45 % l’utilisation de pétrole comme source d’énergie dans l’industrie.
Pour accélérer le rythme des conversions, il pourrait être indiqué de remettre en place des incitatifs à la conversion des systèmes de chauffage inspirés de ceux qui ont fait leurs preuves dans le passé.
Réduire la consommation de carburant dans transport des personnes
Objectif 3.1: geler le volume de camionnage à son niveau actuel et miser sur des améliorations technologiques ainsi que des changements dans les normes et la réglementation pour obtenir une réduction de 9 % de la consommation de carburant utilisé pour le transport interurbain des marchandises.
Pour réduire la part du camion dans le transport interurbain des marchandises, en plus de l’efficacité énergétique des camions, il faudrait augmenter les avantages comparatifs des autres modes de transport et développer des infrastructures efficaces en vue de l’utilisation de plus d’un mode de transport.
Objectif 3.2: réduire de 25 % le volume de carburant utilisé pour le transport urbain des marchandises.
Des mesures conçues spécifiquement pour ce secteur peuvent tout de même être instaurées, telle la détermination, pour les entreprises de transport et de livraison, de plans de réduction de la taille des véhicules en coopération avec le gouvernement et pour les entreprises où cette mesure peut s’appliquer, en particulier les compagnies de messagerie, des incitatifs pour une introduction maximale des véhicules électriques ou hybrides dans leur flotte de transport.
Stopper l’augmentation de la consommation dans le transport des marchandises
Objectif: stopper l’augmentation du nombre d’automobiles sur nos routes en favorisant une augmentation de 40 % de l’achalandage du transport en commun. Diminuer de 20 % la consommation de carburant des véhicules personnels et de 30 % la consommation de carburant dans le secteur institutionnel et des flottes commerciales.
Deux voies s’offrent pour atteindre les objectifs : d’une part, mettre au point une solution de rechange efficace aux automobiles personnelles en milieu urbain, d’autre part, réduire la consommation de carburant des véhicules automobiles.
Diminuer la part du pétrole dans le carburant utilisé
Objectif: réduire de 5 % le volume de pétrole consommé globalement au Québec.
À l’instar du gouvernement fédéral, le Bloc Québécois suggère l’imposition de 5 % de biocarburants (biodiesel et éthanol, en privilégiant l’éthanol de source cellulosique) dans la composition des carburants actuellement issus du pétrole.
Faire du Québec un pôle des énergies et du transport propres
Objectif: prendre une longueur d’avance sur nos voisins et être à la fine pointe de technologie quand ce secteur décollera sérieusement.
En consolidant davantage nos atouts dans les secteurs comme le transport en commun, l’hydroélectricité et l’énergie éolienne, et en intensifiant sensiblement le soutien aux efforts de recherche et développement dans les créneaux liés aux technologies propres pour lesquels le Québec dispose d’avantages comparatifs.
Bref, investir pour réduire notre dépendance au pétrole enrichira le Québec, génèrera des revenus qui permettront à l’État – peut-être dès la septième année – de couvrir entièrement le coût de ces investissements.
Dans cette perspective se déroulait le 14 juin 2008 un forum de l’Institut de recherche sur le Québec sur les perspectives économiques et financières du Québec. Bernard Landry, l’un des invités de marque du forum, a prononcé une allocution sur « La fin du pétrole et l’enrichissement du Québec ».
Consultez aussi notre dossier sur la voiture électrique.
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