
Les comptes de monsieur le comte
Lors de la présentation du dernier budget, monsieur le comte Michael Ignatieff critiquait le gouvernement Harper pour sa mauvaise gestion de l’économie et remettait du même coup en question la crédibilité de ce gouvernement pour gérer les finances des Québécois et des Canadiens.
Cependant, « pour assurer une stabilité en période de tourmente économique » (comprendre ici : pour satisfaire son ambition de devenir le prochain premier ministre et mettre un terme à sa coalition avec le NPD), monsieur le comte appuiera le budget et s’alliera ainsi avec les conservateurs.
Les libéraux, voulant néanmoins démontrer leur puissance, mettent les conservateurs à l’épreuve en demandant des redditions de compte, soit la remise de rapports sur l’état de la situation des finances tous les 60 jours. Comme « mise à l’épreuve », on a vu mieux…
On apprenait peu après que les rapports demandés par les libéraux n’allaient aucunement être rédigés par des analystes indépendants comme le directeur parlementaire du budget, mais plutôt par des membres de l’équipe du ministre des Finances.
S’il n’y a aucune personne indépendante qui évalue ces rapports, comment peut-on avoir une juste analyse de la situation? Avons-nous assez confiance en les conservateurs et les libéraux pour que cela se réalise?
Poser la question c’est y répondre…
Donc, les chiffres que le gouvernement Harper va étaler seront ensuite approuvés par les libéraux. Est-ce là une vraie vérification?
Tout cela apparaît plutôt comme une comédie d’imputabilité. Les conservateurs pourraient remettre une étude étoffée ou un fascicule de deux pages, sa pertinence ne sera officialisée que par la volonté des libéraux d’aller ou de ne pas aller en élection.
Tout porte à croire que les seuls chiffres qui intéressent vraiment Michael Ignatieff sont ceux des sondages…

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