Depuis son arrivée au pouvoir en 2006, le gouvernement Harper est constamment revenu à la charge pour imposer ses valeurs idéologiques en matière de lutte à la criminalité. Des mesures dont l’inefficacité a été démontrée et qui sont formellement rejetées par l’Assemblée nationale du Québec comme par l’ensemble des Québécoises et des Québécois.
Notre système de justice est fondé sur une philosophie voulant qu’il soit préférable de permettre aux criminels de redevenir des citoyens qui contribuent au développement de la collectivité, chaque que c'est possible, plutôt que les garder en prison.
Quand les conservateurs multiplient les dispositions afin de durcir les peines, notamment par le biais de peines automatiques, ils privent le système judiciaire de la marge de manoeuvre qui permet aux juges d’évaluer les paramètres propres à chacun des cas et de rendre ensuite la décision qui soit la mieux adaptée à l’intérêt de la collectivité. Quand les conservateurs font en sorte par ailleurs de favoriser l’emprisonnement des jeunes, ils condamnent presque inexorablement ces derniers à une existence entière fondée sur la criminalité.
Une approche rejetée partout
Or, le consensus est dorénavant partagé partout à travers le monde selon lequel l’approche fondée sur la répression est un échec total. Non seulement les coûts associés à cette approche dépassent de très loin ceux entraînés par la prévention et la réhabilitation, mais en plus ils sont moins efficaces; et de loin.
Certaines des régions aux États-Unis les plus réputées auparavant pour leur attitude implacable envers la criminalité, le Texas notamment, en ont fait le constat depuis quelques années déjà et quelques-unes des figures républicaines les plus connues du sud de la frontière, notamment le gouverneur de la Florine Jeb Bush ou l’ancien Procureur général sous Ronald Reagan Ed Meese, en sont désormais d’ardent défenseurs.
Les conservateurs refilent la facture à Québec
Or, non seulement le projet de loi C-10 menace-t-il nos valeurs et nos façons de faire au Québec, mais elles feront également en sorte d’en refiler le gros de la facture aux Québécoises et aux Québécois. En effet, la majeure partie des dispositions de ce projet de loi omnibus visent à envoyer derrière les barreaux des gens ayant commis de petites offenses. Des gens qui seront ainsi condamnés à des peines d’emprisonnement de deux ans ou moins et qui se trouveront ainsi dans des institutions carcérales québécoises, aux frais du Québec.
Voilà pourquoi le Bloc Québécois s’oppose avec véhémence à C-10, comme il s’oppose à l’ensemble de cette idéologie, rétrograde et contre-productive qui soutient que la solution toute simple à la criminalité est d’augmenter la répression et de construire davantage de méga-prisons. Encore une fois, les conservateurs tentent de construire un Canada qui est de plus en plus étranger aux valeurs du Québec.
« [C]es modifications vont nuire à la réhabilitation et à la réinsertion sociale des adolescents contrevenants et vont à l’encontre de la plupart des dispositions de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies que le Canada a pourtant ratifiée. »
- La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse
« [La loi constitue] un recul net concernant la réadaptation et la réinsertion sociale des adolescents. »
- L’Association des centres jeunesse du Québec
« Le projet de loi omnibus en justice que le gouvernement Harper vient de déposer démontre encore une fois que ni la prévention, ni la réhabilitation ne sont des priorités pour lui. En mettant l’accent uniquement sur l’approche punitive, le gouvernement Harper ferme les yeux sur les meilleures options pour assurer la protection des citoyens, soit la prévention ou la réhabilitation. »
- Maria Mourani, députée du Bloc Québécois dans Ahuntsic
« Comment le ministre de la Sécurité publique peut-il avoir l’audace de demander aux Québécois de couper 500 millions de dollars dans la santé et dans l’éducation pour financer les lubies conservatrices, soit des méga-prisons et des lois inadaptées au Québec? »
- Jean-François Fortin, député du Bloc Québécois dans Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane Matapédia
« Que faut-il de plus au ministre de la Justice pour comprendre que le Québec dit "non" aux mesures contre-productives qui ne laissent pas la place à la réhabilitation et qui favorisent davantage l'emprisonnement des jeunes? »
- André Bellavance, député du Bloc Québécois dans Richmond-Arthabaska
Des chiffres révélateurs :
- L’expérience démontre que la vaste majorité des gens qui ont obtenu leur pardon restent sur le droit chemin. Selon une recherche de la Chambre, plus de 400 000 Canadiens ont ainsi été réhabilités depuis 1970 et 96 % des pardons sont toujours en vigueur;
- Statistique Canada a annoncé l'été dernier que le taux de crimes déclarés à la police était à son plus bas depuis 1973;
- Selon le Texas Department of Corrections, le taux d’incarcérations a chuté de 9 pour cent dans cet État entre 2005 et 2010. Durant la même période, le taux de criminalité y a diminué de 12,8 pour cent;
- Les dépenses entraînées à Ottawa par les mesures des conservateurs visant la prétendue lutte à la criminalité augmentent de façon presque exponentielle depuis leur arrivée au pouvoir en 2006. Ainsi, les coûts en matière correctionnelle sont passés de 1,6 milliard $ qu’ils étaient en 2005-2006 à 2,98 milliards $ en 2010-2011. En 2012-2013, ils devraient s’élever à 3,13 milliards $;
- Des études américaines révèlent que 60 pour cent des criminels incarcérées en raison d’infractions découlant de problèmes de dépendance à l’alcool ou aux drogues récidivent dans les 11 mois suivant leur libération. Le taux de récidive est quatre fois moins élevé chez ceux à qui on a plutôt imposé un programme de réadaptation de six mois.
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