Saint-Hyacinthe, 13 février 2011 – « Dans les deux derniers budgets, c'était tout pour l'Ontario. Je mets maintenant Stephen Harper au défi de répondre aux attentes du Québec. Nous demandons la simple équité, la justice la plus élémentaire. Ce prochain budget sera un véritable test pour les conservateurs au Québec », a déclaré le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, lors de la clôture du Conseil général du parti à Saint-Hyacinthe.
« Il y a bien sûr l'indemnisation de 2,2 milliards de dollars pour l'harmonisation des taxes de vente. Dans le budget de 2009, l'Ontario et la Colombie-Britannique ont reçu 5,9 milliards de dollars, comme les provinces atlantiques ont reçu un milliard il y a plusieurs années. Il n'y a qu'au Québec que l'on refuse pareille indemnité. Si ces 2,2 milliards ne sont pas dans le budget, nous allons voter contre. S'ils y sont, nous analyserons le reste du budget à sa valeur en fonction des intérêts du Québec. Au total, il existe des contentieux d'un montant de 5 milliards entre Québec et Ottawa. Les besoins des gens sont énormes, notamment ceux des aînés, des travailleurs et travailleuses âgés et de ceux et celles qui ont perdu leur emploi. Également, il y a l'équité économique. Le secteur de l'automobile de l'Ontario et l'industrie pétrolière de l'Ouest canadien ont reçu des milliards d'Ottawa. C'est le tour du Québec, de la forêt et du secteur manufacturier », a soutenu Gilles Duceppe.
« Certains au Canada affirment que nos demandes sont exagérées. Au contraire, elles sont tout à fait raisonnables. L'Ontario a obtenu 10 milliards de dollars pour le seul secteur de l'automobile et plus de 4 milliards pour l'harmonisation de sa taxe de vente. À l'échelle du Québec, ces 14 milliards représentent plus de 8 milliards de dollars. Dans de telles circonstances, nos demandes sont très réalistes. S'il ne répond pas à nos attentes, les Québécois et les Québécoises comprendront que Stephen Harper a fait une croix sur le Québec et ils s'en souviendront aux prochaines élections. M. Harper a le choix : il peut répondre aux attentes du Québec ou provoquer des élections. De notre côté, nous ne plierons pas. Nous allons nous tenir debout pour le Québec », a assuré Gilles Duceppe.
Le choix qui s'offre aux Québécois
« S'il devait y avoir des élections, voici le choix qui s'offrira aux Québécoises et aux Québécois. D'abord, il y a le parti conservateur du Canada, un parti idéologique, inspiré de la droite américaine, qui n'a rien à voir avec les valeurs du Québec. Le danger pour le Québec est que Stephen Harper obtienne une majorité et qu'il soit ainsi en mesure de nous imposer sans aucun frein ses politiques idéologiques. Puis, il y a le parti libéral du Canada, le parti du multiculturalisme, de la centralisation et des commandites. Selon Denis Coderre, les députés du parti libéral reçoivent leurs ordres de Toronto. Or, que comprend Toronto au Québec? Libéraux et conservateurs, deux partis, deux visions qui posent le même regard sur le Québec, le même regard canadien. Pour ce qui est du NPD, ce parti a parfois des idées sympathiques et des propositions qui, souvent, rejoignent les nôtres. Mais au Québec, le NPD n'est pas en position de faire la différence. Au Québec, le seul parti capable de barrer la route à Stephen Harper, c'est le Bloc Québécois! » a confirmé Gilles Duceppe.
« Mais il existe un point commun à nos adversaires : ce sont des partis du Canada qui parlent du Canada. Nous, nous parlons du Québec, des Québécois et des Québécoises, de notre réalité », a expliqué le chef du Bloc Québécois.
Préparation électorale maximale
« Tout au long de ce Conseil général, nous avons bien travaillé. Nous sommes maintenant prêts pour la suite des choses. Grâce à notre plateforme électorale, nous formons le seul parti fédéral qui a des idées claires sur les besoins, les valeurs et les intérêts du Québec. Nous avons mis la dernière touche à notre organisation électorale, à nos communications et à nos préparatifs électoraux dans chaque circonscription du Québec. Nous avons les idées claires, une machine bien huilée et des candidats solides. Nous sommes outillés et prêts à toute éventualité, y compris des élections. Si Stephen Harper veut des élections, et ça semble de plus en plus cas, nous aurons tout ce qu'il faut pour convaincre les Québécois et les Québécoises de nous accorder leur confiance et pour remporter une septième élection consécutive. Nous nous préparons à une rude bataille », a conclu Gilles Duceppe.