Vendredi 30 juillet 2010
BLOC QUÉBÉCOIS

Que demandent le Québec et le Bloc Québécois?





Seul territoire en Amérique à caractère majoritairement francophone, il est essentiel que le Québec assure son développement et conserve son identité, en plus de consolider et de renforcer son influence politique.





Le 7 octobre 2009, alors que le gouvernement conservateur jongle avec l’idée de déposer un projet de loi visant à augmenter substantiellement la représentation des autres provinces canadiennes sans, du même coup, augmenter la représentation du Québec, l’Assemblée nationale adopte une motion unanime afin de s’assurer que le gouvernement fédéral n’affaiblisse pas, une fois de plus, le Québec.

Le même jour, dans la foulée de l’adoption de cette motion, le leader parlementaire du Bloc Québécois, Pierre Paquette, a posé deux questions à la Chambre des communes :



+ Lisez le texte des questions de Pierre Paquette et des réponses (traduites) du ministre Fletcher

M. Pierre Paquette (Joliette, BQ)

Monsieur le Président, l’Assemblée nationale du Québec a adopté unanimement, pour une seconde fois, une motion demandant au gouvernement fédéral de renoncer à son projet visant à diminuer le poids politique du Québec à la Chambre des communes.

Le ministre responsable de ce projet peut-il nous dire s’il se conformera à la demande de l’Assemblée nationale du Québec?

L’hon. Steven Fletcher (ministre d’État (Réforme démocratique), PCC)

Monsieur le Président, nous sommes déterminés à faire en sorte que la Chambre des communes jouisse d’une représentation équitable. Nous sommes déterminés à protéger la représentation du Québec. J’aimerais signaler à la Chambre que si le Bloc atteint son objectif ultime, le Québec n’aura aucune représentation à la Chambre.

M. Pierre Paquette (Joliette, BQ)

Monsieur le Président, tant que les Québécois et les Québécoises paieront des taxes ici à Ottawa, notre représentation sera tout aussi légitime que celle de n’importe qui en cette Chambre.

Par contre, ce gouvernement et cette Chambre ne peuvent pas, d’une part, prétendre reconnaître la nation québécoise, et d’autre part, vouloir réduire le poids politique de cette même nation. Or avec le projet du gouvernement, la représentation du Québec passerait de 25 % à 21 % de la députation. C’est cela, le véritable enjeu.

Si la reconnaissance de la nation québécoise a une quelconque signification pour ce gouvernement, pourquoi s’entête-t-il à marginaliser le Québec au sein des institutions fédérales?

L’hon. Steven Fletcher (ministre d’État (Réforme démocratique), PCC)

Monsieur le Président, le député tire ces chiffres d’un chapeau. Le gouvernement n’a publié aucun chiffre du genre.

En ce qui a trait à la représentation du Québec à la Chambre, tous les partis fédéralistes garantiraient une représentation équitable pour le Québec. Le Bloc est le seul parti qui ne veut pas que le Québec y soit représenté.

Tous les députés fédéraux s’entendent pour dire que notre pays est le meilleur pays du monde, toutes les provinces réunies.



Auparavant, le 16 mai 2007, les élus québécois de l’Assemblée nationale avaient réclamé le retrait du projet de loi conservateur C-56, qui révise la carte électorale du Canada en augmentant le nombre total de sièges à la Chambre des communes, sans augmenter celui du Québec. La motion a été adoptée à l’unanimité (PDF).

Le ministre québécois délégué aux affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, un fédéraliste, s’exprimait ainsi le lendemain à Maisonneuve en direct :

« Je suis sensible au fait que la Chambre est fondée sur la représentation proportionnelle. Je me demande toutefois s’il n’y aurait pas de mesures de protection spéciales pour le Québec qui représente la principale minorité linguistique du Canada, est une province fondatrice du Canada et qui est en perte de poids démographique […] Pour le Québec, pourquoi ne pourrions-nous pas bénéficier d’un accommodement relié à son statut de nation et de minorité nationale au sein du Canada. »

Sur la scène fédérale, devant les tentatives du gouvernement Harper de réduire le poids du Québec, les élus québécois libéraux et conservateurs se sont écrasés devant leur caucus respectif et n’ont pas osé protester contre cette dépossession de pouvoir.

Le Bloc Québécois, lui, se bat pour qu’au moins 25 % des sièges à la Chambre des communes proviennent du Québec. Pour une nation comme la nôtre, 25 % du poids politique, c’est encore très peu. Trop peu. Ce qu’il nous faut, c’est 100 % du poids politique. Ça s’appelle la liberté politique. En un mot : la souveraineté.

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