Le gouvernement conservateur nous a offert une démonstration pour le moins inquiétante de son sens des priorités en s’empressant de reprendre dès la rentrée parlementaire de l’automne 2011 la mise en place d’un train d’initiatives qui visent toutes à rappeler les liens qui faisaient jadis du Canada un État vassal de la monarchie britannique.

Punir, jusqu’à l’emprisonnement?

Après l’histoire malheureuse du retrait des œuvres du peintre Alfred Pellan au profit d’un portrait de la Reine, après les changements à l’appellation de la marine et de l’aviation qui sont désormais désignées sous l’épithète de Marine royale canadienne et d’Aviation royale du Canada, après les modifications aux passeports pour y représenter désormais les armoiries de la monarchie britannique, après aussi la nécessité soudaine de célébrer la mémoire des protagonistes du conflit de 1812, voici que le gouvernement conservateur juge urgent d’imposer des sanctions à celles et ceux qui refuseront de se faire imposer l’affichage du drapeau unifolié. Des peines qui pourraient aller théoriquement jusqu’à un emprisonnement de deux ans.

« Non seulement le retour à l'étiquette « royale » a des coûts mais, en plus, il a pour objectif caché de raviver les liens entre le gouvernement canadien et la monarchie britannique. En termes de priorités parlementaires, le gouvernement conservateur peut difficilement faire pire ! »
- Louis Plamondon, député de Richelieu-Nicolet-Bécancour

Toutes des mesures qui entraînent des déboursés importants aux contribuables québécois, au moment où la fonction publique est l’objet de coupes importantes afin de réduire le déficit. Au moment où, par ailleurs, l’état de l’économie s’avère toujours aussi précaire.

L’opposition marche sur des oeufs
Malheureusement, l’attitude des autres partis d’opposition à Ottawa face à ces égarements est tout aussi préoccupante. Tant du côté du NPD que du PLC, on réagit du bout des lèvres. On marche sur des œufs en mettant tout en œuvre pour se ménager à la fois le vote des pro-monarchistes du Canada et celui des Québécoises et des Québécois.

« Les conservateurs sont bien impressionnés par les histoires de princesses et semblent prêts à dépenser sans compter pour imposer les symboles monarchiques. Au lieu d'applaudir, le déjà discrédité président du Conseil du Trésor n'est-il pas gêné, alors qu'il exige des compressions importantes dans les services aux citoyens, de dépenser autant pour imposer des symboles archaïques rejetés par la nation québécoise?» - André Bellavance, député de Richmond-Arthabaska

Ces initiatives ont pour but de masquer l’incapacité du gouvernement à répondre aux enjeux qu’il doit confronter ainsi que son indifférence à l’identité et aux valeurs que partagent les Québécoises et les Québécois. Face à ces défis concrets et cruciaux, le gouvernement conservateur nous propose un retour futile vers un passé. Un retour dont les Québécoises et les Québécois ne veulent pas.

 

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