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Réactions au budget fédéral 2007 — période des questions à la Chambre des communes La période des questions des deux jours qui ont suivi la présentation du budget a été l’occasion d’échanges particuliers au sujet du déséquilibre fiscal et des moyens de le corriger. Voici les questions et les réponses qui touchaient ce sujet. Mardi 20 mars 2007 — M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, Bloc Québécois) : Monsieur le Président, grâce au budget, le premier ministre croit qu’il a définitivement réglé le déséquilibre fiscal. Ce n’est pas exact. Selon le rapport Séguin, qui fait consensus au Québec, c’est clair qu’un véritable règlement du déséquilibre fiscal passe par un transfert permanent — j’insiste sur le mot « permanent » — des champs fiscaux, afin d’éviter que le Québec ne soit à la merci des humeurs changeantes d’Ottawa. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, Parti conservateur du Canada) : Monsieur le Président, dans ce budget, il y a des transferts, des augmentations de tous les transferts au Québec et aux autres provinces, de façon permanente. — M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ) : Monsieur le Président, il y a des transferts monétaires, j’en conviens. Je parle de transferts fiscaux. Il s’agit de transferts de champs fiscaux, de points d’impôt ou de points de TPS ou une combinaison des deux. C’est de cela que parlait M. Séguin. Sinon, personne ne peut garantir que dans trois ans, un autre gouvernement ou ce même gouvernement ne changera pas d’idée. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, PCC) : Monsieur le Président, il y a différentes façons de régler le déséquilibre fiscal. Nous avons proposé de transférer des montants d’argent aux provinces. À la fin, cela fait la même chose. — M. Pierre Paquette (Joliette, BQ) : Monsieur le Président, on a déjà entendu cela : Pierre Elliott Trudeau disait exactement la même chose. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, PCC) : Monsieur le Président, ce gouvernement veut régler et contrôler de façon permanente le pouvoir fédéral de dépenser dans des champs de compétence des provinces. J’ai dit que l’existence d’un tel pouvoir était en contradiction avec l’esprit même du fédéralisme. — M. Pierre Paquette (Joliette, BQ) : Monsieur le Président, tous les partis à Québec conviennent que pour contrer le pouvoir de dépenser du fédéral, il faut obtenir à la place, pour le Québec, un droit de retrait avec pleine compensation et sans conditions. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, PCC) : Monsieur le Président, encore une fois, nous voulons contrôler le pouvoir fédéral de dépenser. J’espère que nous aurons la possibilité de discuter de ce sujet avec un gouvernement du Québec déterminé à maintenir la fédération canadienne. En effet, il est important de conserver aux Québécois et aux Québécoises tous les bénéfices de la fédération canadienne et de son économie. — M. Thierry St-Cyr (Jeanne-Le Ber, BQ) : Monsieur le Président, le ministre des Finances a répété à plusieurs reprises que c’en était fini du déséquilibre fiscal. Or, il n’en est rien. Non seulement il n’a pas transféré de champs fiscaux au gouvernement du Québec, mais il n’a pas contré le pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral en octroyant au Québec un droit de retrait avec pleine compensation. [Traduction] Monsieur le Président, comme le premier ministre l’a déjà dit, nous nous intéressons de plus en plus aux compétences et aux responsabilités constitutionnelles qui sont les nôtres. [Français] Monsieur le Président, de toute évidence, le premier ministre n’a pas l’intention de répondre à la demande de Mario Dumont et d’amender la Constitution sur cette question. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, PCC) : Monsieur le Président, je pense que j’ai déjà répondu à cette question. Mercredi 21 mars 2007 — M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ) : Monsieur le Président, hier, le ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux a confirmé nos craintes. Dans une entrevue, le sénateur Fortier a déclaré qu’il n’y avait jamais rien de permanent en politique et que : « Tous les programmes sont susceptibles d’être changés. » Bref, le ministre est incapable de garantir que les sommes consenties au Québec pour régler le déséquilibre fiscal seront reconduites année après année. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, PCC) : Monsieur le Président, l’arrangement présent est un arrangement à long terme. C’est un arrangement pour sept ans. Il y a différentes façons de transférer de l’argent, mais il est vrai que la meilleure garantie de transferts aux provinces et de bonnes relations avec les provinces, c’est un gouvernement conservateur avec une philosophie décentralisatrice pour ce pays. — M. Gilles Duceppe (Laurier—Sainte-Marie, BQ) : Monsieur le Président, la définition du déséquilibre fiscal est simple : Ottawa perçoit trop d’argent pour ses responsabilités alors que le Québec n’en reçoit pas assez pour faire face aux compétences qui sont les siennes. Si le gouvernement veut réellement régler le déséquilibre fiscal, il est clair que l’assiette fiscale doit être partagée autrement et non pas relever d’une décision prise chaque année par un gouvernement qui ne peut pas prévoir s’il sera là dans sept, huit, neuf ou dix ans. Personne ne peut faire cela, surtout en situation minoritaire. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, PCC) : Monsieur le Président, il y a tout simplement plusieurs façons de régler le déséquilibre fiscal. On peut transférer de l’argent ou on peut transférer des points d’impôt. Le désavantage des points d’impôt est que ces points d’impôt ont des valeurs différentes pour chaque province, tandis qu’un transfert d’un dollar, pour chaque province, c’est un transfert d’un dollar. C’est peut-être plus juste. Nous sommes toujours prêts à considérer les possibilités. Enfin, pour avoir de telles relations fiscales avec les provinces, il est nécessaire d’avoir un gouvernement fédéraliste à Québec et un gouvernement qui respecte les champs de compétence des provinces, ici à Ottawa. — M. Pierre Paquette (Joliette, BQ) : Monsieur le Président, hier, le premier ministre a affirmé à propos du transfert d’argent et du transfert de points d’impôt aux provinces que : « À la fin, cela fait la même chose. » Or c’est faux. Ce n’est pas la même chose et le premier ministre le sait très bien. D’ailleurs, il vient de le signaler. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, PCC) : Monsieur le Président, il y a des différences. L’une de ces différences est qu’un transfert de points d’impôt vaut moins pour le Québec qu’un transfert direct d’argent. C’est une considération. Enfin, je note que la réaction envers notre règlement du déséquilibre fiscal est très positive au Québec. — M. Pierre Paquette (Joliette, BQ) : Le premier ministre admettra-t-il qu’en choisissant de transférer de l’argent plutôt que des champs fiscaux, il veut maintenir son contrôle sur le Québec et les provinces, et il veut les garder sous la tutelle du fédéral en entretenant leur dépendance face au bon vouloir d’Ottawa? Au fond, c’est ce que dit le premier ministre. — Le très hon. Stephen Harper (premier ministre, PCC) : Monsieur le Président, c’est tout à fait faux. Ce gouvernement respecte clairement les champs de compétence des provinces. Ce gouvernement est prêt à rencontrer le nouveau gouvernement — qui, je l’espère, sera fédéraliste — pour contrôler le pouvoir fédéral de dépenser. |
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