Le Québec n'aura pas sa voix, son siège et son vote
Au cours de la dernière campagne électorale, Stephen Harper a promis aux Québécoises et aux Québécois que le gouvernement du Québec aurait une place à l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) :
« Selon le modèle du Sommet de la Francophonie , nous allons permettre au Québec d'exprimer sa culture dans des forums internationaux comme l'Unesco. »
Discours prononcé à Lévis le 17 janvier 2006,
cité par Gilles Toupin,
La Presse , le 18 janvier 2006, p. A6.
L'entente signée le 5 mai dernier est bien en deçà de ce que Stephen Harper avait promis. Elle ne donne pas au Québec la liberté d'action dont il jouit au Sommet de la Francophonie.
Pour obtenir un siège et un VOTE à l'unesco, le Québec devra être souverain.
Le Québec n'aura qu'une demi-voix à l'UNESCO
Désormais, le gouvernement québécois pourra peut-être nommer un représentant au sein de la délégation canadienne à l'Unesco, mais il devra intervenir en « complémentarité de la position canadienne » et en « harmonie avec les orientations générales de la politique étrangère du Canada. »
Autrement dit, à défaut de consensus entre Québec et Ottawa lors de la conclusion d'un accord touchant aux compétences exclusives du gouvernement québécois, Ottawa aura toujours le dernier mot.
Prôner ainsi la complémentarité et l'harmonie, ce n'est qu'accorder au Québec le droit de dire la même chose que le Canada.
Quant à la possibilité pour le Québec de ne pas mettre en œuvre un traité ou un accord touchant à ses champs de compétence s'il est en désaccord avec Ottawa, il en est déjà ainsi depuis 70 ans, avec la bénédiction du Comité judiciaire du Conseil privé de Londres.
C'est la base de la doctrine Gérin-Lajoie... et ce qui était jusqu'à maintenant reconnu par tous, se trouve désormais consigné dans une entente.