Les idées
La plateforme du FJBQ
À l’aube d’une nouvelle campagne électorale fédérale, et dans le contexte politique particulier où se trouve le Québec, il est important que les membres du Bloc Québécois puissent affirmer haut et fort les valeurs qui les animent afin de mobiliser les forces vives vers notre objectif commun.
C’est en partie ce défi que veut relever cette plate-forme jeunesse du Bloc Québécois. Dans les pages qui suivent, nous voulons proposer notre façon de voir l’avenir. Au cœur de notre projet : la souveraineté! C’est la raison de notre engagement politique.
En attendant, nous devons continuer à construire le futur et à défendre les intérêts du Québec. Nous devons donc participer à la progression de notre projet de société, favoriser l’expression des voix démocratiques, proposer des mesures concrètes qui assureront la pérennité de nos programmes sociaux, devenir le creuset où germeront des idées originales pour relancer l’emploi et nous garantir un environnement sain et un développement durable.
La souveraineté : un projet de société en évolution
Assujetti au système politique canadien, les pouvoirs du Québec sont dilués et la capacité du gouvernement québécois de mettre en œuvre nos choix collectifs est continuellement réduite. L’arrivée de Paul Martin comme chef du Parti Libéral du Canada ne changera rien aux relations Québec-Ottawa.
Ottawa fait peu de cas de la volonté des citoyennes et des citoyens du Québec et le nouveau Premier ministre, Paul Martin, ne fera qu’empirer les choses. Paul Martin est plus déterminé que jamais à s’ingérer dans les champs de compétence du Québec et des provinces. Il a d’ailleurs déjà donné le ton en affirmant son souhait d’intervenir auprès des municipalités en leur assurant un financement direct. Le gouvernement fédéral refusera toujours de reconnaître le caractère distinct de la nation québécoise, ni d’admettre l’existence du déséquilibre fiscal.
Le Canada va donc continuer de se développer et de se construire autour de l’accroissement des pouvoirs du gouvernement central. Ceci rend quasi-impossible tout projet de réforme qui pourrait satisfaire nos aspirations légitimes. Ceci vient s’ajouter à une longue liste d’intrusions, de preuves de mauvaise foi et de gestion inadéquate dans des dossiers comme ce le durcissement de la Loi sur les jeunes contrevenants, l’utilisation de subventions fédérales aux fins de promotion de l’unité canadienne au Québec ou le refus d’Ottawa de négocier un programme mieux adapté de congés parentaux. Tous ces exemples sont autant de preuves que les Libéraux fédéraux ne défendent pas les intérêts du Québec.
La souveraineté du Québec est l’unique solution afin de changer cette dynamique qui menace la survie de nos institutions, de notre culture et de notre identité collective. Notre projet souverainiste est déjà partagé par des millions de citoyens au Québec. Toutefois, les progrès technologiques, le nouvel ordre mondial ainsi que les changements démographiques et sociaux nous proposent de nouveaux défis.
Nous avons le devoir d’actualiser notre projet et de le faire progresser au rythme des aspirations des citoyennes et des citoyens du Québec. Le Bloc Québécois a toujours été à l’avant-garde dans le domaine de la réflexion et son rôle est de mener à bien ce processus de définition et d’adaptation de notre projet collectif.
Dans cette perspective, le Forum jeunesse du Bloc Québécois propose :
1 - Que le Bloc Québécois s’engage à faire la promotion de l’option souverainiste au Québec en créant au sein de ses instances une Commission de la souveraineté, chargée entre autres de diriger l’action politique du Bloc Québécois vers les différentes étapes menant à la souveraineté;
2 - Que le Bloc Québécois participe au processus de réflexion autour de l’adoption d’une constitution du Québec qui intégrerait la Charte de la langue française, la Charte québécoise des droits de la personne et la Loi 991 afin de protéger les acquis et les institutions québécoises dans le cadre fédéral. Cette constitution fonderait la citoyenneté québécoise, énoncerait les droits et obligations de l’État et du citoyen face à la collectivité québécoise;
3 - Que le Bloc Québécois engage concrètement le processus d’élaboration du projet de société d’un Québec souverain afin de concrétiser davantage les aspirations des Québécoises et des Québécois dans un projet tangible et réaliste, d’ici la tenue d’un prochain référendum;
4 - Que le Bloc Québécois mette tout en œuvre, par sa position à la Chambre des communes, pour faire reconnaître par le gouvernement fédéral que le Québec forme une nation distincte par sa culture, par sa langue, par son histoire, par ses institutions politiques et légales et par son projet de société.
Démocratie et citoyenneté
Parmi les débats qui animent les discussions de la jeunesse québécoise, le Forum jeunesse se sent concerné par le déclin démographique, le vieillissement de la population, le faible taux de natalité, le taux de suicide chez les jeunes et les mouvements migratoires.
Les freins à l’exercice d’une pleine citoyenneté, qu’il s’agisse de pauvreté croissante d’une grande partie de la population, de la disparition des lieux de participation civique, de l’affaiblissement des espaces d’expression démocratique ou de l’intégration des nouveaux arrivants, nous préoccupent également.
Il faut offrir aux Québécoises et aux Québécois la possibilité de contourner ces difficultés par des politiques de soutien. Il importe de reconnaître que l’apprentissage du français, par exemple, est le moyen le plus efficace pour sortir de la marginalité les nouveaux arrivants qui choisissent de s’établir sur notre territoire et que la participation pleine et entière à la vie nationale nécessite l’apprentissage de la langue officielle du Québec.
Par ailleurs, la participation aux conflits internationaux, l’imposition de mesures arbitraires de sécurité qui briment les libertés fondamentales ou le choix de nos politiques familiales, sont des enjeux majeurs. Nous devons donc garantir la capacité d’expression des citoyens et s’assurer que nos choix seront pris en considération par la classe politique qui nous représente. Malheureusement, le gouvernement libéral fédéral freine les projets innovateurs du Québec et cherche à nous imposer une vision canadienne qui réduit notre capacité de mettre en œuvre nos choix démocratiques.
Le Forum jeunesse est conscient de la diversité présente sur le territoire québécois. En ce sens, nous nous sentons solidaires des revendications autonomistes des autochtones et nous déplorons que les progrès réalisés dans la lutte contre le dénuement social et économique des autochtones soient si infimes. Nous croyons qu’il est indispensable d’étendre le dialogue avec les peuples autochtones du Québec afin d’éliminer les préjugés réciproques et d’éviter que notre projet de souveraineté n’applique une vision uniforme du Québec.
Dans cette optique, le Forum jeunesse du Bloc Québécois propose :
5 - Que le Bloc Québécois mène une bataille de tous les instants pour que le gouvernement fédéral reconnaisse le déséquilibre fiscal qui sévit entre le gouvernement central et le Québec et qu’il s’engage à l’éliminer afin que le gouvernement du Québec récupère sa capacité de mettre en œuvre ses choix collectifs. Ceci permettra entre autres que les problèmes de financement en santé, en éducation et dans les programmes sociaux au Québec puissent être résorbés;
6 - Que le Bloc Québécois continue à promouvoir et à défendre une citoyenneté québécoise inclusive, fondée sur la langue française, la culture et la participation des citoyens aux institutions publiques communes du Québec;
7 - Que le Bloc Québécois fasse la promotion des relations de peuples à peuples dans la reconnaissance du droit inhérent à l’autonomie gouvernementale des nations autochtones;
8 - Que le Bloc Québécois s’engage à participer à l’établissement d’un réel partenariat avec les nations autochtones pour contrer les problèmes de pénurie de logements décents, de chômage endémique, de précarité chez les femmes autochtones et de suicide chez les jeunes des Premières Nations;
9 - Que le Bloc Québécois suggère des moyens pour mieux défendre les nouveaux arrivants québécois contre les mesures arbitraires et souvent inadaptées du ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration fédéral en proposant des modifications à la législation sur l’immigration.
10 - Que le gouvernement fédéral corrige le plus rapidement possible la définition actuelle du mariage afin de reconnaître aussi l’union entre deux personnes de même sexe.
Soutenir l’altermondialisation
Dans le domaine des accords internationaux sur le commerce, le Québec fait face à deux problèmes majeurs.
Premièrement, seuls quelques hauts dirigeants fédéraux décident de l’avenir de l’économie mondiale avec quelques dirigeants des autres pays. Jamais dans les processus, les citoyens du Québec ou du Canada ne peuvent intervenir. Le Parlement ne vote pas et la teneur des textes des négociations n’est connue que lorsque le Premier ministre signe l’accord.
Deuxièmement, cet important déficit démocratique est accentué par le manque de représentation du Québec aux tables de négociation. Le Québec a des responsabilités en éducation, en santé et en développement économique, par exemple, mais ne peut faire valoir son avis puisque c’est le Canada qui a droit de parole, en tant qu’État souverain. Inutile de dire que les intérêts de l’Ontario et de l’Ouest passent souvent avant les intérêts de la nation québécoise.
Les valeurs que chérissent les Québécoises et les Québécois, et qui ont forgé le modèle québécois, doivent être portées au niveau international. La solidarité québécoise peut se transposer à l’échelle d’un continent. Le Québec peut devenir un chef de file dans la promotion de relations commerciales équitables entre les peuples.
La ratification des accords internationaux n’engage d’aucune façon les pouvoirs exécutifs des États contractants à suivre un processus démocratique minimum afin de s’assurer de l’appui de leur population. Les intérêts du Québec sont donc doublement mis en danger puisqu’il ne peut ni intervenir à la table de négociations, ni apposer sa signature au bas d’accords internationaux impliquant le Canada. Ainsi, plusieurs aspects sociaux et culturels de notre nation sont susceptibles d’être soumis à la libéralisation des marchés, malgré les divers pactes et déclarations de l’ONU visant à reconnaître des droits culturels des individus et le droit au libre développement culturel des peuples. Par exemple, les principes de l’OMC ne s’appliquent pas dans certains domaines, notamment pour protéger le cinéma, les trésors nationaux et la propriété intellectuelle. Les quelques mesures d’exemption accordées dans les accords commerciaux sont susceptibles d’être soumises aux même types de règles que tous les autres biens.
Dans ce contexte, le Forum jeunesse du Bloc Québécois propose :
11 - Que le Bloc Québécois fasse des pressions pour que le gouvernement fédéral, à l’instar du Québec, adopte une loi prévoyant que la ratification de tout accord international important reçoive l’approbation de la Chambre des communes;
12 - Que, pour consolider les rapports de confiance entre les deux paliers de gouvernements, le fédéral mette en place un processus formel de consultation fédéral-provincial avant et pendant des négociations internationales, de façon à clarifier sa marge de manœuvre et à respecter les volontés du Québec;
13 - Que le Bloc Québécois intercède auprès du gouvernement fédéral afin que celui-ci reconnaisse au Québec le plein droit d’intervenir dans les négociations portant sur les champs de compétence exclusifs du Québec en le laissant siéger aux tables de négociations internationales;
14 - Que le gouvernement fédéral entreprenne des démarches afin que toutes les sociétés ouvertes de compétence fédérale associent à leur rapport annuel un volet environnemental et social, afin d’encourager l’investissement responsable;
15 - Que le Bloc Québécois réitère son engagement envers une mondialisation équitable du point de vue économique, social et environnemental et qu’il intensifie ses interventions pour une augmentation de l’aide au développement international en respectant les objectifs de l’OCDE;
16 - Que le gouvernement fédéral lance une campagne d’envergure, à l’échelle canadienne, encourageant la consommation de produits équitables.
Le développement durable : Une vision à long terme
Parmi les sujets d’intérêts généraux qui ont touché de près toutes les citoyennes et tous les citoyens québécois au cours des dernières années, l’environnement a occupé une place de choix.
Aujourd’hui, la politique et le droit de l’environnement font partie de ces sujets prépondérants dans les politiques d’État, au même titre que les finances publiques. La réflexion des membres du Forum jeunesse du Bloc québécois, particulièrement préoccupés par ces questions dont dépendra leur avenir et celui de leurs enfants, est animée par le principe du développement durable.
Par ailleurs, le Forum jeunesse du Bloc québécois croit fermement aux valeurs enchâssées dans le protocole de Kyoto qui constituent, à son avis, un seuil minimal qu’il convient de respecter en la matière. Toutefois, le respect du principe du pollueur-payeur est primordial. Le Québec ne doit pas faire les frais des mesures canadiennes de réduction des gaz à effet de serre.
Dans cette perspective, le Forum jeunesse du Bloc Québécois tient à proposer ceci :
17 - Que le gouvernement fédéral respecte rigoureusement les objectifs du protocole de Kyoto dans l’élaboration de chacune des politiques canadiennes;
18 - Que le gouvernement canadien négocie le transfert d’un objectif précis de réduction avec le gouvernement du Québec qui tiennent compte du principe du pollueur-payeur. En ce sens, il est primordial de tenir compte des efforts déjà déployés par le Québec en cette matière;
19 - Que le gouvernement fédéral investisse une somme substantielle pour la recherche et le développement de l’énergie éolienne au Québec, au lieu d’investir dans le pétrole albertain et le nucléaire ontarien;
20 - Que le gouvernement fédéral encourage et stimule, dans les limites de ses compétences, une production agricole non-polluante, biologique et qui n’a pas pour seul objectif la rentabilité. Bref, une législation orientée vers la qualité de la production et non sur sa rentabilité.
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