Ottawa reconnaît le « Brexit »: Les Québécoises et les Québécois ont aussi droit à l’autodétermination

 

Mascouche, le 25 juin 2016 – Alors que le premier ministre Justin Trudeau s’est empressé de reconnaître la validité du choix référendaire des Britanniques de se retirer de l’Union européenne (UE), le porte-parole du Bloc Québécois en matière d’affaires étrangères, Luc Thériault, exige du gouvernement fédéral qu’il applique les mêmes principes démocratiques lorsqu’il s’agit du droit à l’autodétermination du Québec.

« Il va de soi que la volonté exprimée par 51,9 % d’électeurs britanniques de quitter l’Union européenne est légitime. C’est ça, la démocratie. Mais comment se fait-il que chez nous le fédéral tienne un autre discours ? Comment justifier que la majorité absolue soit bonne pour tout le monde sauf pour les Québécoises et les Québécois ? Les libéraux doivent mettre à la poubelle la loi sur la clarté référendaire. L’histoire se répète avec ceux-là : ils défendent de grands principes… jusqu’à ce que ça devienne encombrant », a déclaré M. Thériault.

Jeudi, 51,9 % des électeurs du Royaume-Uni ont choisi le « Brexit » par voie référendaire. Le premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré que « la population du Royaume-Uni a choisi de quitter l’Union européenne » et que le Canada comptait « continuer à tisser des liens avec les deux parties alors que leur relation se transforme ». Au Canada, le gouvernement fédéral s’appuie sur la Loi de clarification pour s’octroyer le droit de baliser le droit à l’autodétermination du Québec. L’Assemblée nationale a quant à elle adopté la Loi 99, qui réaffirme la légitimité d’un vote à 50 % plus une voix.

« Après s’être immiscé dans un processus démocratique étranger en suggérant aux Britanniques quoi faire, Justin Trudeau a commenté les résultats de leur référendum en s’appuyant sur des principes qu’il ne respecte même pas chez lui. C’est de la politique étrangère de pee-wee et c’est regrettable », a affirmé M. Thériault.

Par ailleurs, l’Écosse et l’Irlande du Nord se font conduire vers la sortie de l’UE alors que ces deux nations ont pourtant voté pour le « Remain » au sein de l’Europe. Les Écossais, qui sont passés bien près de se donner un pays au référendum de septembre 2014, subissent le choix qu’une autre nation leur impose. « Le Royaume-Uni porte aujourd’hui bien mal son nom.  Ce n’est pas surprenant que le camouflet infligé aux Écossais réveille leur désir d’indépendance. Le Québec connaît lui aussi trop bien les culs-de-sac dans lesquels la subordination à un gouvernement central l’entraîne. Et nous savons d’expérience que l’histoire sera appelée à se répéter au Québec comme en Écosse aussi longtemps que nos nations n’auront pas acquis leur indépendance », a conclu M. Thériault.