Bloc Québécois

Le Musée des beaux-arts canadien veut mettre la main sur un tableau patrimonial du Québec

16 avril 2018

Ottawa, dimanche le 15 avril 2018 – Martine Ouellet, chef du Bloc Québécois ainsi que Mario Beaulieu, député de la Pointe-de-l’île, réclament de la ministre Joly qu’elle intervienne exceptionnellement auprès du MBAC pour empêcher la démarche d’acquisition d’un tableau d’importance culturelle pour le Québec, le Saint-Jérôme de Jacques-Louis David.

Le Musée des beaux-arts du Canada compte vendre un tableau prestigieux de sa collection afin d’avoir les moyens de s’acheter le tableau Saint-Jérôme, qui appartient à la Fabrique Notre-Dame-de-Québec, liée à la Cathédrale de Québec. De son côté, le Musée des beaux-arts de Montréal, lui aussi intéressé par l’acquisition de l’oeuvre, peine à trouver une façon de la garder ici. En effet, le régime canadien joue contre eux : les institutions fédérales jouissent d’un financement public important pour acquérir des œuvres tandis que les musées provinciaux doivent majoritairement avoir recours aux dons privés.

C’est à ce titre que la ministre du patrimoine canadien, Mélanie Joly, doit intervenir au MBAC en respect du patrimoine québécois, afin d’empêcher les institutions canadiennes de faire de la surenchère avec les œuvres d’art patrimoniales du Québec. « Le tableau est lié à l’histoire des immigrantes françaises du Québec qui sont venues chez nous exercer l’éducation religieuse et culturelle par le biais de l’art. Cela a une grande signification culturelle et historique », précise Mario Beaulieu. « Il faut éviter de penser que l’argent leur donne ce droit… La culture québécoise ne peut être adéquatement mise en valeur et protégée qu’au Québec. Il s’agit d’une sensibilité parfaitement naturelle, ça ne doit pas changer », ajoute Martine Ouellet.

Ainsi, Martine Ouellet et Mario Beaulieu supportent l’initiative de Mr La Roche, directeur du Musée de la Civilisation et de Mme Blondil, directrice du Musée beaux-arts de Montréal, qui consiste à ce que le Saint-Jérôme soit classé comme objet patrimonial du Québec. De la sorte, ils espèrent que le Canada perde enfin toute légitimité à priver le Québec du Saint-Jérôme.

« Rappelons une fois encore qu’à l’évidence, cet enjeu ne se serait jamais posé dans une République du Québec », de conclure Martine Ouellet.