Bloc Québécois

Discours de Martine Ouellet du 4 juin 2018

06 juin 2018

Trouvez-ci-bas le verbatim du discours prononcé le 4 juin 2018 par Martine Ouellet lors de la conférence de presse en réaction aux résultats de la consultation référendaire 2018.

Bonjour,

J’ai pris acte des résultats hier après-midi, comme vous d’ailleurs.

Vous savez, je suis devenue Chef du Bloc Québécois, pas pour un titre, mais pour défendre une cause.

Et depuis plus d’un an, j’ai vu et j’ai vécu ce qu’il y a de plus beau en politique, dans le mouvement indépendantiste : la force de ses gens, la force de ses idées.

Mais j’ai aussi vécu et j’ai vu le plus laid de ce qu’on peut voir en politique, les grandes faiblesses aussi du mouvement, et les attaques.

Je suis devenue Chef du Bloc Québécois pour préparer l’indépendance du Québec, parce que ça n’arrivera pas tout seul, ça ne tombera pas du ciel, et il faut la préparer, et je suis encore convaincue que la meilleure place pour la préparer, c’est à Ottawa parce que les gens qui sont les meilleurs experts dans les pouvoirs fédéraux, ce sont les Députés du Bloc Québécois.

Et je suis venue aussi au Bloc Québécois pour mettre les membres au centre des discussions.

Je suis très fière du travail que l’on a réalisé depuis plus d’un an.

Ça n’a pas été rapporté beaucoup dans les médias, mais dans les périodes d’accalmie, entre deux crises, l’appui au Bloc Québécois, sous ma chefferie, est monté à 30% dans les sondages, c’est vous dire à quel point les crises ça fait mal, et ça nuit. Et nous avons atteint ce niveau d’appui alors que tout le monde ne ramait pas dans la même direction.

Imaginez si l’ensemble du caucus s’était décidé de ramer dans la même direction, pour l’indépendance du Québec, quelle force nous aurions eue !

Je suis fière du travail que j’ai réalisé avec l’ensemble de l’équipe du Bloc Québécois, sur Chalk River, et ça c’est une décision du Bureau National, on a déposé un mémoire, on a été les premiers à dénoncer le projet dangereux pour l’eau potable du Québec.

Sur le cannabis, encore là, le Bureau National a déposé un mémoire, on a été les premiers, les seuls à se préoccuper de la partie production, et à dénoncer tout le potentiel de corruption, et les liens de financement avec le parti de Justin Trudeau, et on a même découvert dernièrement, que cela incluait le PLQ. C’est beaucoup, beaucoup d’argent dans la production de cannabis, on le voit actuellement.

Et c’est bizarre, quand nous, on a parlé de nationalisation au Bloc Québécois, pour la production du cannabis, que ça se fasse par l’État pour que les bénéfices reviennent aux citoyens du Québec, on disait que c’était hurluberlu, que ça n’avait pas de bon sens, qu’il fallait laisser opérer le libre marché et la concurrence du marché.

Et quand Justin Trudeau parle de nationaliser les pipelines de pétrole, ça c’est correct !

Quand c’est pour donner de l’argent aux grosses multinationales américaines pour le pétrole, on n’entend pas les journaux dire que c’est hurluberlu, que ça n’a pas de bons sens, que ça empêche la compétition, que c’est des mauvais investissements.

Le Bloc Québécois, nous, on était là pour le dire !

Des dossiers qui, parfois sont plus petits mais non moins importants : le Tableau Saint-Georges, le dossier de La Presse, le dossier de La Davie, le pire scandale économique contre le Québec. J’ai jamais vu ça, des milliards de dollars de notre argent, 20 milliards, qui s’en vont pour des jobs à Halifax puis à Vancouver, et pourtant on a le meilleur chantier du Canada, puis de l’Amérique du Nord.

L’Alena, la faiblesse du Canada dans ses négociations, la surtaxe sur le bois d’œuvre, la surtaxe sur l’aluminium, la gestion de l’offre qui risque d’être amochée, c’est ça le prix à payer pour être dans le Canada !

Partenariat Trans-Pacifique où Justin Trudeau a renié sa parole, lui qui avait promis aux agriculteurs du Lac-Saint-Jean qu’il ne ferait aucune brèche dans la gestion de l’offre, puis il l’a fait quelques mois plus tard dans le PTP.

Nous sommes intervenus sur les changements climatiques pour montrer à quel point le Québec est englué dans le Canada pétrolier, à quel point Justin Trudeau a renié sa parole qu’il avait donnée à Paris, avec tous ses pipelines de pétrole !

L’immigration, l’incompétence totale du Canada d’accueillir les immigrants, d’accueillir les réfugiés.

La reconnaissance de la Palestine, la dénonciation des frappes en Syrie, la reconnaissance de la Catalogne, de sa déclaration d’indépendance qui a été réalisée de façon pacifique et totalement démocratique.

Le respect du droit à l’avortement qui est mis en péril par le Parti Conservateur.

La gauche tellement multiculturaliste qu’elle en devient religieuse.

La libération de Raif Badawi.

La protection du français.

Il y a seulement la République du Québec qui va pouvoir protéger le français contre les offensives répétées du gouvernement canadien.

Les paradis fiscaux.

Netflix, et tous les passe-droits pour les multinationales du commerce électronique.

Les sièges sociaux, la Loi 99, et tous les autres dossiers……..

Nous avons travaillé à défendre les intérêts du Québec.

Mais plus que ça, nous avons travaillé à présenter, ce que l’on ferait de différent, de mieux, dans la République du Québec, à mettre en évidence les avantages de l’indépendance.

Pour moi, le travail d’un parti indépendantiste à Ottawa, ce n’est pas d’améliorer le régime canadien, c’est d’en sortir !

Le fait que je parle d’indépendance dans tous les dossiers, je vous les ai tous nommés, ça dérange, ça dérange nos adversaires fédéralistes, les canadiennistes, normal.

Ça dérange même les indépendantistes, pas normal !

Quand je suis arrivée au Bloc Québécois, je croyais que le Bloc avait fait sa transition, je croyais que le Bloc avait adopté une attitude décomplexée, une attitude assumée.

Je croyais que les gens, les députés, les membres avaient arrêté d’être gênés d’être indépendantistes.

Qu’ils adhéraient à l’Article 1 qui est très très clair, vous lirez le programme du Bloc Québécois. Je croyais que la raison d’être du Parti c’était l’indépendance, et de faire la promotion de l’indépendance sur toutes les tribunes, à toutes les occasions, et je vous le dis, c’est écrit dans l’Article 1 du programme du Bloc Québécois, et il n’était même pas fait mention des intérêts du Québec.

Je suis d’accord d’en faire la promotion, mais dans l’Article 1, il n’en est même pas fait mention !

Donc, j’ai été très surprise de voir que ça dérangeait les indépendantistes de vouloir parler d’indépendance dans tous les dossiers du gouvernement canadien.

Des députés démissionnaires, appuyés par la vieille garde, le vieil establishment du Bloc Québécois, qui n’ayant pas réussi à gagner, à faire adopter leur point de vue démocratiquement dans les instances, se sont permis d’utiliser tous les moyens pour renverser les décisions démocratiques des membres.

Coulages, sabotages, attaques personnelles, médisances. Ce qui semble les motiver : peur de perdre, peur de perdre des votes, peur de perdre leur siège, c’est drôle, je ne comprends pas ça !

Le Bloc Québécois avec cette stratégie là a déjà perdu des votes, il a déjà perdu des sièges.

Le Bloc Québécois recueille moins d’appuis de la population que l’indépendance !

Il me semble que cela devrait être clair.

C’est une logique tordue ça, c’est une logique détraquée pour un parti, de penser que c’est en ne parlant pas d’indépendance qu’on va faire avancer l’indépendance !

Je le répète, parce qu’il y a du monde qui croit à ça !

Une logique tordue, détraquée, penser que de ne pas parler d’indépendance ça va faire avancer l’indépendance !

Ça ne se peut pas !

C’est impossible !

C’est absurde !

De penser que moins on va parler d’indépendance, mieux ça va être pour le Bloc Québécois, je ne comprends pas ça !

Ils ont réussi par cette logique tordue et détraquée à convaincre 35% des membres du Bloc Québécois, qui ont voté NON à la question 1.

Qui ont voté NON à l’Article 1 du programme du Bloc Québécois !

Qui ne veulent donc pas que le Bloc Québécois parle d’indépendance sur toutes les tribunes, à toutes les occasions au Parlement canadien, puis devant vous les médias.

Il faudrait qu’on parle d’indépendance juste entre nous, juste entre les convaincus, là où ça ne dérange pas !

On n’avancera jamais comme cela.

Mais il y a quand même 65% des membres du Bloc Québécois, et là c’est une majorité, et en démocratie les décisions se prennent à majorité. Et là la majorité a parlé, c’est plus que 50% +1, 65%.

Il y a quand même 65% des membres du Bloc Québécois qui disent OUI à l’Article 1, puis OUI il faudrait parler d’indépendance sur toutes les tribunes, à toutes les occasions.

J’espère qu’ils vont respecter la décision des membres pour une fois !

Qu’ils ne vont pas essayer encore une fois de la renverser !

La moitié du 65%, qui a voté OUI à la première question, a voté NON à la deuxième question.

32% ont voté non à la deuxième question.

Ça dans mon analyse, je pense que c’est le résultat de la campagne négative, agressive, de dénigrement, et d’intimidation de Mario Beaulieu, qui a joué sur tous les tableaux.

Mario qui a renié, qui a trahi 4 fois sa parole et ses engagements :

  • 1ere fois, En me demandant avec d’autres députés de devenir Chef du Bloc Québécois. Mario fait partie de ceux qui sont venus me chercher. Il m’a complètement laissée tomber.
  • 2eme fois, Avec le Bureau National où j’ai reçu l’appui unanime, incluant Mario, du Bureau National suite à la démission des 7 démissionnaires.
  • 3eme fois, Lors de la décision de faire un référendum sur l’Article 1, cette décision là, elle était unanime du Bureau National.
  • Et la 4eme Au Conseil Général, où dans son discours d’ouverture il disait qu’il allait se rallier à la décision des membres. Il a fait exactement le contraire. Mario a viré sa veste de bord !

Ça ressemble à une 2eme capitulation de Mario Beaulieu !

Et à un 2eme retour en arrière à l’ère Duceppe !

Et, il y a finalement le 32% des membres du Bloc Québécois qui ont voté OUI-OUI, des milliers de personnes. Une base solide, très solide, qui a résisté, qui a fait face au vent contraire, qui a fait face à l’adversité, qui maintient le cap, qui ne fléchit pas, qui veut aller de l’avant pour l’indépendance du Québec, qui ne se laisse pas influencer par le superficiel, et qui vise l’essentiel.

Ça, ça fait partie du beau en politique. Et je suis très fière du travail qu’on a réalisé avec le Bureau National, pour les membres du Bloc Québécois.

Permettez-moi de vous présenter la proposition principale sur laquelle plusieurs personnes ont travaillé pendant une année et qui a été saluée unanimement. Je n’ai pas entendu un commentaire négatif sur la proposition principale, qui a été adoptée à l’unanimité au Conseil Général, au dernier Conseil Général interne.

Imaginez quoi ?

J’ai entendu hier l’ancien Chef qui continue à s’acharner pour renverser des décisions démocratiques des membres !

Et c’est moi que l’on traite d’intransigeante et de pas rassembleuse ?

Un ancien Chef qui a fait appel à renverser une décision unanime des instances !

C’est qui, qui divise les membres du Bloc Québécois ?

C’est qui, qui n’écoute pas les membres du Bloc Québécois ?

C’est qui, qui s’acharne ?

Poser la question, je vous le dis, c’est y répondre !

On a organisé un colloque sur le climat et l’environnement, on a fait des tournées partout au Québec, on a fait une campagne de financement de près de un million de dollars, malgré le contexte, la meilleure campagne de financement hors année électorale.

Sous ma chefferie.

On a redressé les finances du Bloc Québécois. Parce que je peux vous le dire, qu’il traînait un joli bordel de l’élection de 2015.

On est en train de faire la transition informatique, parce que vous ne pouvez même pas imaginer à quel point les systèmes sont archaïques au Bloc Québécois. Comment cela se fait-ilque cela n’ai pas été fait avant ?

Surtout qu’il y a eu une période où l’argent coulait à flot.

L’élection partielle dans le Lac Saint-Jean avec Marc Maltais.

On a fait plein de choses pour les membres, pour remettre les membres au centre des décisions, pour animer le débat politique, pour informer nos membres, pour que nos membres deviennent des vecteurs aussi de communications, pour que les membres s’impliquent, pour que les membres contribuent.

Et je vous annonce qu’en parallèle, on a aussi produit une nouvelle revue que je lance aujourd’hui, où Il reste encore quelques petites coquilles à corriger, et on va vous la distribuer. Quelques textes à intégrer, on va la finaliser cette semaine, et elle sera en ligne cet après-midi en version préliminaire, sur le Facebook du Bloc Québécois.

Une revue ‘’OUI JE LE VEUX’’, un outil de promotion de l’indépendance :

https://www.blocquebecois.org/wp-content/uploads/2018/06/Oui_je_le_veux_-_Brochure.pdf

Cela fait déjà plus d’un an qu’on travaille en parallèle à cet outil là, malgré les crises, malgré tout le contexte, cela ne nous a pas empêché de travailler.

Et je vais vous lire la préface que j’ai signée :

‘’Oui je le veux, nous avons tout ce qu’il faut pour devenir le 194eme pays de l’ONU.

Nous avons un territoire immense, 5 fois celui de l’Allemagne, nous avons un développement économique enviable, non loin de celui de la France et du Royaume-Uni.

Nous avons une qualité de vie parmi les meilleures au monde.

Nous avons l’expertise, la capacité, la connaissance, pour mieux gérer nos affaires que ne le fait le Canada.

Qu’est ce qu’on attend ?

Je crois que de continuer à attendre ce n’est pas faire du sur-place, mais c’est bien pire, c’est de reculer.

Qu’est ce qui nous retient de choisir notre liberté ?

Je crois qu’une partie de la réponse vient de la peur, la peur de l’inconnu.

Quelles sont les frontières ? Quelle sera la monnaie ? Est-ce qu’il y aura une armée ?

Cette publication ne prétend pas répondre à toutes les questions à propos de l’indépendance du Québec, mais vous y trouverez des réponses claires à des questions récurrentes.

Je voudrais remercier tout le monde qui a collaboré, et vous savez se dire collectivement, Oui je le veux, c’est le début d’une grande aventure, celle de la liberté d’un peuple, celle où nous deviendrons tous, que nous soyons ici depuis 700 ans, 70 ans ou 7 ans, nous deviendrons tous les fondateurs de la nouvelle République du Québec.

Donc vous allez avoir des questions et des réponses sur de multiples sujets, et c’est signé de différents auteurs : Gilbert Paquette, Denis Monière, Xavier Barsalou-Duval, et André Binette, avec la contribution également de Marilène Gill, et je voudrais aussi remercier Patrick et Nathalie qui m’ont aidée à la collaboration.

Donc je pense que ça, c’est vraiment un outil extrêmement intéressant.

Cela m’amène à remercier toute l’équipe, parce que vous savez quand on fait de la politique, malgré ce qui peut être écrit dans les journaux, je ne fais pas cela toute seule.

Et je voudrais remercier les gens avec qui j’ai travaillé, tout seigneur tout honneur, je voudrais commencer par remercier Xavier et Marilène, de vrais Patriotes, des gens qui se tiennent debout, des gens qui n’ont pas peur, des gens qui s’assument.

Je vous le dis c’est précieux, parce que c’est avec des gens comme eux qu’on va faire la République du Québec.

Vous voyez c’est la relève.

Eux autres aussi ils nous ont préparé la relève, vous avez sûrement vu passer le petit Ulysse une fois de temps en temps.

Je voudrais aussi remercier Gilbert et Denis qui en ont vu d’autres, des gens qui ont travaillé depuis longtemps, des gens qui malgré des journées comme aujourd’hui ont continué à y croire.

Parce que vous savez que dans le mouvement souverainiste-indépendantiste, il y a des hauts et des bas, il faut traverser les bas pour atteindre la réussite, et ces gens-là ils n’ont jamais lâché, puis ils continuent à être là.

Et ça moi, j’admire ça, parce qu’il y en a d’autres qui ont déjà lâché on va les récupérer ils vont réembarquer, mais ils n’ont jamais lâché.

Je voudrais remercier aussi les gens du Bureau National, parce que je suis certaine que quand ils se sont portés candidats, ils ne s’imaginaient jamais vivre autant d’émotions, ils ne s’imaginaient jamais vivre autant d’adversité, et autant on a pu voir du plus beau, mais je suis certaine qu’ils ne s’imaginaient jamais voir d’aussi laid.

Je voudrais remercier Jean-Pierre, Alain, William, Julien, Jocelyn, Sophie.

Je voudrais remercier aussi des gens de l’équipe plus large : Maxime, Stevens, Dominique, Farid, Nicolas, Patrick, Nathalie, Jean, Jeff, Antoni, Eid, Louis-Philippe, Samy.

Je voudrais remercier aussi, parce que vous savez quand on passe à travers des moments pas toujours faciles, il y a des gens qui sont proches de nous, et qui sont obligés d’endurer nos sautes d’humeur, donc je voudrais remercier ma mère, mon frère, mes enfants, et feu mon père.

Je voudrais aussi remercier tous les militants, tous les présidents et présidentes de comté, qui n’ont pas lâché, qui m’ont appuyée, qui continuent encore, qui ont été présents sur les réseaux sociaux, qui ont été présents par des lettres ouvertes dans les journaux, par leurs blogues.

Vous ne pouvez pas vous imaginer, je vous le dis parce que je n’ai pas l’occasion tout le temps de vous répondre, ni sur mon site Facebook ni sur tous les blogues, mais je vous lis et vos encouragements font la différence.

C’est ça qui me donne mon énergie.

Les gens aussi qui, ça ne m’était jamais arrivé avant tout dernièrement, avant la présente crise, les gens qui venaient me rencontrer dans la rue, même si je parlais au téléphone, m’interrompaient pour me dire : ‘’Madame Ouellet, ne lâchez pas, on vous admire, on vous aime’’.

Merci, cette énergie là, je l’ai prise, puis vous m’avez aidée à continuer.

Quand je vous disais le plus beau, et bien c’est ça !

C’est ça le plus beau !

Le plus, ce sont les membres, c’est cette solidarité dans l’action, cette volonté infaillible des membres d’acquérir notre liberté.

Et c’est pour cela qu’on est tous là, c’est pour cela qu’il y a des gens qui militent bénévolement, qui donnent de leur temps.

C’est pour cela que nous, les élus, même si c’est notre travail, on fait des semaines de 80h-90h, c’est du 7 jours/semaine, et puis c’est du 15h-18h par jour, parce qu’on y croit, et c’est ça le plus beau.

Bien du monde dénigre la politique, c’est vrai que surtout actuellement dans le paysage politique, que ce soit québécois ou canadien, il n’y a rien pour nous réjouir. Mais moi, je veux que les gens gardent espoir, parce que la politique, c’est le meilleur outil citoyen, c’est le meilleur outil pour contrer les velléités d’enrichissement des multinationales, les velléités du 1% qui veut s’accaparer toutes les richesses, c’est la politique.

Et occupez-vous de la politique, puis accaparez-vous de la politique, parce que n’inquiétez-vous pas, si vous ne le faites pas vous les citoyens, ce 1% là ils vont le faire mais seulement pour leurs intérêts.

Cela a été un réel plaisir de travailler avec vous, et je voudrais dire à tous ceux qui sont ici mais aussi à tous ceux qui sont chez eux ou au travail, de ne jamais douter de la pertinence de votre travail et de votre action, de ne jamais lâcher.

S’il faut prendre des petites pauses, ça va, mais de ne jamais lâcher !

J’avais dit que moi je respecterais la démocratie interne du Bloc Québécois alors qu’on en voit que ça ne dérange pas la démocratie interne

Je vous annonce donc aujourd’hui, que je quitterai le poste de Chef du Bloc Québécois, que cette décision sera effective lundi, le 11 juin 2018.

Nous aurons un Bureau National vendredi le 8 juin, et je participerai donc à mon dernier Bureau National.

Je ne suis pas venue au Bloc Québécois chercher un titre, mais bien porter une cause, celle de l’indépendance, celle de la République du Québec.

Et vous pouvez être assurés que je vais continuer.

Rien n’est terminé pour moi.

Mais je dois vous avouer qu’à travers tous ces événements, mon principal obstacle, je dis bien le principal obstacle, à la réalisation de la République du Québec provient de l’interne du mouvement souverainiste-indépendantiste !

Ce n’est pas normal !

Le mouvement, il est malade !

Si toutes les énergies qui ont été déployées en petites luttes internes, intestines, fratricides, avaient été déployées à réaliser la République du Québec, je suis convaincue qu’aujourd’hui ce serait chose faite !

Mais vous savez, il n’est jamais trop tard, il n’est jamais trop tard pour changer et puis pour bien faire.

Il n’y a pas de limite à la volonté d’un peuple d’atteindre sa pleine liberté.

Nous avons tout pour réussir, et ce que je vais vous dire là il y a plein de monde qui vous le dirons : oui mais on n’est pas prêt pour faire l’indépendance, on n’est pas prêt, il faut faire ci, il faut faire ça, puis a-b-c-d-e-f jusqu’à z, et 1-2-3-4-5 jusqu’à je ne sais pas combien………

Non ! On a tout ce qu’il faut pour réussir : le territoire, l’argent, l’intelligence, les personnes, on a tout pour réussir. Il nous manque une chose, elle n’est pas compliquée, il nous manque une seule chose : il faut que l’on se fasse confiance collectivement.

Il faut qu’on se le dise, l’ensemble du peuple québécois : OUI JE LE VEUX !