La fermeture du centre de contrôle du CN Montréal menace la sécurité ferroviaire

Montréal, jeudi 13 février 2020

 

 

La fermeture du centre de contrôle du CN Montréal menace la sécurité ferroviaire

 

Réunis près du centre de contrôle du CN, M. Alexis Phillion, porte-parole des contrôleurs du CN de Montréal, M. Xavier Barsalou-Duval, député du Bloc Québécois de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères et M. Mario Beaulieu, député du Bloc Québécois de la Pointe-de-l’Île ont demandé d’une même voix au ministre des Transports, M. Marc Garneau, d’agir en prenant un règlement pour contrer la centralisation du contrôle ferroviaire en Alberta pour des raisons de sécurité.

 

« Les contrôleurs du CN à Montréal ne déménageront pas leurs familles à Edmonton ! Le ministre Garneau devra faire le choix entre la sécurité, ou laisser le CN contrôler tout l’Est du Canada avec de nouveaux employés sans expérience. Le dernier transfert d’un centre de contrôle a pris 4 ans, et maintenant le CN propose de le faire d’ici 8 mois. Cela est un non-sens. Ce sont les travailleurs sur les voies du CN, la population, les passagers, et surtout le gouvernement qui assument tous les risques au lieu du CN », a déclaré Alexis Phillion.

 

Notons qu’en plus de réclamer une règlementation au ministre Garneau pour limiter la concentration du contrôle ferroviaire, le porte-parole du Bloc Québécois en matière de Transport, d’Infrastructure et de Collectivités, Xavier Barsalou-Duval compte déposer une motion au comité permanent des Transports afin d’étudier les risques de la centralisation du contrôle ferroviaire.

 

« Il est primordial que le ministre Garneau et le gouvernement libéral prennent au sérieux la problématique causée par les décisions du CN et antérieurement celle du CP, mais particulièrement dans le cas du CN, car leur unique centre de contrôle se trouvera au-dessus d’une gare de triage de matières dangereuses ! Les dangers qu’une panne des services de contrôle entraînerait sont beaucoup trop grands pour laisser le tout à la simple volonté d’une entreprise privée. C’est pourquoi je compte déposer une motion au comité permanent des Transports afin d’étudier cette situation préoccupante », soutient Xavier Barsalou-Duval.

 

Depuis 2003, aux États-Unis, la directive 49 CFR Part 241 U.S. Locational Requirement for Dispatching of U.S. Rail Operations restreint le contrôle ferroviaire depuis l’extérieur de son territoire en partie à cause des préoccupations liées à une mauvaise communication dû à l’utilisation de langues différentes. Comme les États-Unis n’ont qu’une seule langue commune, ce n’est pas le même enjeu qu’au Canada où le contrôle ferroviaire ne peut être centralisé dans une zone unilingue anglophone. Il serait donc normal pour le Canada d’adopter une réglementation plus stricte permettant d’assurer un service dans la langue des travailleurs afin d’assurer une bonne transmission d’informations critiques.

 

« Le ministre Garneau doit intervenir au moyen d’une réglementation du contrôle des services ferroviaires en s’inspirant de ce qui a été fait aux États-Unis à ce propos. En l’absence de contrôleurs francophones, une catastrophe pourrait se produire à cause d’une incompréhension de langage. Le CN nous dit que les nouveaux contrôleurs seront bilingues alors qu’actuellement, il ne les forme qu’en anglais. C’est inacceptable ! » fait valoir Mario Beaulieu, responsable du dossier des langues officielles au Bloc Québécois.

 

« À terme, c’est le gouvernement qui sera responsable de son inaction si une nouvelle tragédie de l’ampleur de Mégantic se reproduit. Il est plus qu’essentiel pour la sécurité de l’ensemble des citoyens que le ministre Garneau mette ses culottes face aux négligences du CN », conclut Xavier Barsalou-Duval, porte-parole en matière de Transport, d’Infrastructures et de Collectivités.