Vaccination : huit mois d’inaction du fédéral

Ottawa, le 26 novembre 2020 – Devant l’échec d’Ottawa à obtenir en priorité des vaccins contre la COVID‑19, le porte-parole du Bloc Québécois en matière de Santé, Luc Thériault, a dénoncé l’inaction du fédéral qui, durant huit mois, n’a rien fait pour compenser sa dépendance à la production étrangère de vaccins.

« C’est un échec retentissant du gouvernement Trudeau que la vaccination commence plus tard au Québec qu’aux États-Unis, au Royaume‑Uni ou en Allemagne. C’est un échec encore plus important du fait que tous nos œufs ont été mis dans ce panier, aucun effort coordonné n’a été fait pour pallier la faible capacité de production de vaccins du Canada. Justin Trudeau aura à répondre de sa nonchalance lorsque les Québécois vont voir leurs voisins du sud se faire vacciner pendant qu’on compte encore les décès chez nous », a déclaré M. Thériault.

Le Bloc Québécois a constaté que le gouvernement s’était donné une latitude pour créer une production canadienne de vaccins au début de la pandémie dans son projet de loi C‑13. Ottawa avait mis en place le cadre légal nécessaire afin « d’autoriser le gouvernement du Canada et toute personne précisée (…) à fabriquer, à construire, à utiliser et à vendre une invention brevetée dans la mesure nécessaire pour répondre à l’urgence de santé publique ». Ainsi, le fédéral permettait aux entreprises de reproduire un vaccin de concurrents sans attendre une licence des propriétaires des brevets.

Mais Ottawa a abandonné après ce premier pas. Aucun effort n’a été fait pour augmenter la capacité de production canadienne de vaccins avant juillet 2021. Contrairement à des pays comme le Brésil, la Chine ou l’Inde, le fédéral n’a convaincu aucune entreprise d’obtenir des licences pour reproduire des vaccins de concurrents. Il n’a pas non plus su convaincre les pharmaceutiques de se prévaloir de sa mesure exceptionnelle de contournement de la Loi sur les brevets, si bien qu’elle a été abandonnée sans résultat à son échéance le 30 septembre. Il n’a pas non plus convaincu les pharmaceutiques de prioriser la rapidité d’obtention de vaccins, quitte à collaborer avec leurs compétiteurs plus avancés dans la course.

Au moment de conclure des ententes, il n’a pas obtenu de garantie quant au traitement prioritaire de ses commandes. Il n’a pas arrimé son processus d’homologation avec celui des pays producteurs des vaccins pour favoriser la simultanéité. Finalement, le premier ministre a véhiculé de fausses impressions sur la rapidité à laquelle le vaccin serait disponible au Canada.

« Huit mois plus tard, le gouvernement peut tenter de créer un contexte favorable pour racheter son inaction. Il peut reconduire les mesures concernant les brevets dans C‑13 afin d’encourager les pharmaceutiques à participer. Il peut offrir dans sa mise à jour économique des sommes aux entreprises qui souhaitent très rapidement moderniser leurs installations. Il peut faire pression sur les pharmaceutiques pour qu’elles contribuent à un effort de guerre afin d’avoir des vaccins le plus rapidement possible. Mais on ne rattrapera pas facilement huit mois à rester les bras croisés », a conclu Luc Thériault.

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