En 2021, touchons du bois !

Ce n’est un secret pour personne: le Canada est un État pétrolier qui tarde à prendre le tournant vers les énergies propres. De son côté, le Québec est l’un des États les mieux outillés pour faire face à la crise climatique. Cette position avantageuse, nous la devons à notre hydroélectricité, mais aussi à la richesse naturelle inestimable que représente notre forêt. Malheureusement, les intérêts de l’État pétrolier canadien l’emportent trop souvent sur ceux de l’État forestier québécois.

Pour s’en convaincre, il suffit de regarder le soutien financier démesuré offert à la filière pétrolière. En effet, de 2017 à 2020, ce sont 24 milliards qui seront accordés au secteur d’activité le plus polluant au pays. Pour la même période, l’industrie forestière québécoise s’est vue octroyer 71 millions. Quand on sait que la filière forestière est probablement le secteur d’activité économique le mieux positionné pour réduire les émissions de GES et pour capter le carbone déjà dans l’atmosphère, il y a de quoi se désoler.

Le fort potentiel d’emplois, de croissance économique et d’innovations du secteur forestier n’est plus à démontrer. Les travaux sur la bioéconomie forestière entrepris par de nombreux centres de recherches du Québec ont fait la preuve qu’il y a des solutions alternatives et durables pour remplacer bon nombre de produits à base de pétrole. Certaines études laissent même entendre que la valorisation des résidus forestiers et agricoles permettrait au Québec de diminuer ses importations de produits pétroliers d’environ 1,6 milliard de litres, soit 20 % de sa consommation annuelle.

L’apport environnemental positif de l’utilisation accrue du bois ne s’arrête pas là. Dans le domaine de la construction, nous savons que pour chaque mètre cube (m3) de bois utilisé, 900 kilogrammes de CO2 sont séquestrés. Ainsi, une maison construite en utilisant 20 m³ de bois va capter 18 tonnes de carbone, soit l’équivalent du carbone libéré par l’utilisation d’une voiture durant trois ans.

Le Bloc Québécois est conscient que la conjoncture apportée par la relance économique et la crise climatique représente une fenêtre d’opportunité sans précédent pour l’industrie forestière. À cet effet, nous avons proposé huit mesures afin de maximiser le potentiel environnemental de cette industrie dans notre plan de relance. Nous demandons, entre autres, d’établir l’empreinte carbone comme critère d’octroi de contrats dans les politiques d’approvisionnements gouvernementales. Nous exigeons également la mise en place de mesures fiscales afin de développer la deuxième et troisième transformation du bois au Québec.

Au cours de l’année qui vient, nous proposerons une stratégie de relance s’appuyant fermement sur la filière forestière. Cette stratégie sera aussi teintée d’une des grandes qualités intrinsèques de la filière, soit sa contribution exceptionnelle à l’économie verte. Forts des résultats d’une étude que nous avons commandée, nous entamerons une tournée des régions du Québec. Les résultats de notre étude laissent entendre qu’un potentiel de 16 300 emplois directs pourrait être atteint au Québec d’ici 2030 si nous maximisons notre filière forestière.

Plus que jamais en 2021 au Bloc Québécois, on touche du bois.

Yves-François Blanchet
Chef du Bloc Québécois