Le Bloc Québécois redemande à Justin Trudeau de reconnaître le génocide des Ouïghours

Ottawa, 15 novembre 2022 — Le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet, et le porte-parole en matière de Droits de la personne, Alexis Brunelle-Duceppe, accompagnés de représentants du Projet de défense des droits des Ouïghours (URAP), ont bien accueilli l’intention d’Ottawa de démontrer de la fermeté face à la Chine, mais réitèrent leur demande au premier ministre Trudeau de reconnaître dès maintenant le génocide des Ouïghours.

 

« Nous devons saluer la volonté d’Ottawa de faire preuve de fermeté face au régime chinois même si des doutes sont permis. Le gouvernement Trudeau a non seulement fait preuve de faiblesse face à la dictature du Parti communiste, mais il en a profité et a même souhaité, en toute connaissance de cause quant au génocide contre les Ouïghours, initier des discussions de libre-échange. Si Justin Trudeau est sérieux, la reconnaissance formelle du génocide et l’imposition de sanctions de concert avec les États-Unis sont un minimum », a expliqué Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois.

 

Soulignant qu’Ottawa, en plus d’avoir refusé de demander le déplacement des Jeux olympiques de Beijing, a ignoré les ingérences électorales de la Chine. Alexis Brunelle-Duceppe soumet une piste de solution aux libéraux.

 

« Les Ouïghours, réunis à Bruxelles la semaine dernière pour le Forum international ouïghour, ont été clairs quant aux actions que peuvent poser rapidement les pays occidentaux. Il faut être intransigeant à l’égard des marchandises qui proviennent de régions profitant de l’esclavage des Ouïghours. Les États-Unis ont choisi d’obliger les bateaux à prouver que leur fret n’est pas issu du travail forcé. Ils renvoient ainsi des millions de dollars en cargaison et portent un coup dur à ce régime génocidaire. Je crois qu’on devrait faire exactement comme les Américains », a expliqué le député de Lac-Saint-Jean, qui dénonce l’inaction canadienne depuis plusieurs années.

 

Rappelons que dans un rapport publié le 31 août dernier, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) concluait que de « graves violations des droits de l’homme » étaient commises au Xinjiang et que des experts internationaux reconnaissent depuis plusieurs années qu’un génocide y a lieu.

 

« Le gouvernement fait la sourde oreille, parce qu’il sait très bien qu’admettre l’existence du génocide les engage à agir en vertu des conventions internationales. Nous continuerons à mettre de la pression pour que le gouvernement prenne ses responsabilités », de conclure les deux élus bloquistes.