Stratégie indo-pacifique : Entre nécessité et perplexité

Ottawa, 28 novembre 2022 — Réagissant au dévoilement de la stratégie indo-pacifique, les porte-paroles du Bloc Québécois en matière d’Affaires étrangères, Stéphane Bergeron et de Commerce international, Simon-Pierre Savard-Tremblay, ont reconnu la grande nécessité de déplacer les efforts vers cette région, tout en se disant sceptiques quant aux réelles chances de succès de cette nouvelle stratégie.

« Comme plusieurs, nous jugeons nécessaire et urgent de diversifier nos échanges économiques. Notre dépendance à certaines grandes économies, comme la Chine, peut nous être dommageable. En concertation avec nos partenaires, il nous faut nous tourner vers de nouveaux pôles économiques et la région indo-pacifique doit figurer dans nos priorités », a souligné Simon-Pierre Savard-Tremblay.

« Jamais, en plus de 50 ans, nous nous sommes donné les moyens de nos ambitions en ce qui a trait à la région indo-pacifique et rien dans ce nouveau document ne laisse présumer que le gouvernement fédéral y réalisera finalement ses objectifs. Si le passé est garant de l’avenir, nous pouvons, au mieux, être sceptiques par rapport à cette nouvelle stratégie », a déploré Stéphane Bergeron.

« Tant les efforts de Pierre Trudeau, de Jean Chrétien que de Stephen Harper n’ont connu les effets escomptés dans le passé, ce qui laisse douter du succès de cette stratégie. Le projet est toutefois nécessaire : le centre de gravité au niveau économique se déplace plus que jamais vers cette région. L’omniprésence de la Chine, qui tend à vouloir imposer sa volonté à l’ensemble de la région, ne peut être ignorée plus longtemps », a ajouté le porte-parole bloquiste en matière d’Affaires étrangères.

« Le Québec, pour sa part, a présenté en 2021 sa stratégie territoriale pour l’indo-pacifique. Il est clair que de nombreux secteurs québécois pourraient bénéficier d’un renforcement des liens qui nous unissent à cette région du monde : technologies, aérospatiale, énergie, bioalimentaire, foresterie, etc. La diversification des marchés ne peut qu’être favorable au Québec afin de réduire notre dépendance face à la Chine, tant que des normes environnementales serrées sont en place et que notre modèle agricole demeure intégral. Le gouvernement n’a plus le droit à l’erreur : nous nous attendons cette fois à des résultats », a conclu le porte-parole bloquiste en matière de Commerce international.