Des excuses pour les Franco-Ontariens de la part de la première ministre: « Il faut passer de la parole aux actes » – Mario Beaulieu

 

Montréal, le 22 février 2016 – Mario Beaulieu, député de La Pointe-de-l’Île et porte-parole en matière de  citoyenneté, de langues officielles, d’immigration et de Francophonie, se réjouit que la première ministre Kathleen Wynne ait présenté ses excuses, au nom de l’Ontario, à la communauté franco-ontarienne pour l’infâme Règlement 17, qui interdisait l’enseignement et l’utilisation du français dans les écoles.

« Félicitations pour ce premier geste, mais les excuses ne suffisent pas à réparer les torts subis par les Franco-Ontariens, a déclaré Mario Beaulieu. Nous saluons ce geste et félicitons chaleureusement le député Glenn Thibeault, de la circonscription de Sudbury, qui a réussi à faire adopter une motion réclamant des excuses officielles envers les Franco-Ontariens. Mais des excuses ne sont certainement pas suffisantes pour tourner la page sur ce chapitre noir de l’histoire franco-ontarienne. Le Règlement 17, comme l’ensemble de l’aménagement linguistique ontarien, a causé l’assimilation d’une importante proportion des francophones. »

Rappelons que ce n’est qu’en 1968 que s’ouvrent les premières écoles secondaires publiques françaises, et qu’il faudra attendre jusqu’en 1998 pour que la gestion scolaire soit formellement accordée aux communautés francophones.

« Encore aujourd’hui, des jeunes doivent descendre dans la rue pour démontrer l’insatisfaction des étudiants et de toute la communauté franco-ontarienne à l’égard du système universitaire actuel. Il est plus que temps que des gestes de réparation majeurs soient effectués », a fait savoir le député bloquiste.

Mario Beaulieu rappelle que l’histoire du Canada est jalonnée d’épisodes où les francophones ont été bafoués, discriminés ou traités injustement sur la base de leur langue. Citons quelques exemples :

La déportation des Acadiens, la pendaison de Louis Riel et le sort réservé aux Métis du Manitoba, l’appel de The Gazette au soulèvement racial en 1849, le rapport Durham, les lois qui bannissaient le français de l’éducation comme la loi Tupper en Nouvelle-Écosse en 1864, la loi King au Nouveau-Brunswick en 1871, le « Public School Act » à l’Île-du-Prince-Édouard en 1877, le Règlement 17 en Ontario en 1912, la loi Thornton au Manitoba en 1920, pour ne mentionner que ceux-là. « Ces lois interdisant l’enseignement du français ont eu un impact massif, anglicisant environ 75% des francophones hors Québec », a conclu M. Beaulieu.