Approbation de Chalk River: Nouveau recul libéral en environnement

Ottawa, le 10 janvier 2024 – Réagissant à l’approbation par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) du projet de dépotoir de déchets nucléaires Chalk River, situé à moins d’un kilomètre de la rivière des Outaouais, les porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Environnement et de Ressources naturelles, Monique Pauzé et Mario Simard, ont tous deux dénoncé cette approbation. Il s’agit, signalent-ils, d’un nouvel écueil libéral en environnement, envers un projet insensé et inconcevable aux yeux mêmes de l’actuel ministre de l’Environnement.

« Ce projet d’un million de mètres cubes de déchets s’étendrait sur 16 hectares et serait actif jusqu’en 2070. Par la suite, le dépotoir devra être surveillé pendant des siècles, possiblement jusqu’en 2400. Le site est situé dans un marais, à moins d’un kilomètre de la rivière des Outaouais, un affluent du fleuve Saint-Laurent. Une possible contamination radioactive de la rivière des Outaouais serait dévastatrice, constituant une menace pour notre écosystème et pour l’ensemble des Québécoises et Québécois. Le Bloc Québécois s’est impliqué tout au long du processus afin de faire entendre notre opposition à ce projet, que ce soit en déposant un mémoire à la Commission canadienne de sûreté nucléaire, ou en initiant une étude au comité permanent de l’Environnement sur la gouvernance des déchets nucléaires. Ottawa nous confirme le statut bidon des audiences menées par la CCSN où la Commission a entendu l’opposition de multiples intervenants pour finalement les balayer du revers de la main dans la décision rendue hier. L’opposition des Premières Nations, dont notamment celle des chefs de trois communautés algonquines, a également été ignorée. Le fédéral fait aussi un pied de nez aux villes de Gatineau et Montréal qui s’opposaient elles aussi à l’érection d’un tel site », a signalé Monique Pauzé.

En aout 2017, l’ancien directeur principal d’Équiterre et actuel ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault déclarait ce qui suit : « Un dépotoir de 11 hectares et d’un million de mètres cubes de déchets radioactifs à proximité de la rivière des Outaouais, qui fournit l’eau potable à plus de cinq millions de Canadiens, c’est inconcevable! ». Six ans plus tard, son gouvernement se résout à approuver ce même projet, avec son aval.

« S’il reste une once de responsabilité environnementale chez M. Guilbeault, il doit se ressaisir et inviter son collègue aux Ressources naturelles à bloquer ce projet. Nous ne pouvons risquer de mettre en jeu notre fleuve et la santé de millions de Québécois. Pour reprendre les mots du ministre Guilbeaut, ce projet est tout simplement inconcevable. Ottawa doit reculer sur cette approbation et écouter la voix de la raison », a conclu Mario Simard.