Réaction au rapport d’Amnistie Internationale sur le logement autochtone : Il faut un plan réalisable, concret et prévisible
Ottawa, 3 juin 2026 – Le député de Joliette—Manawan, Gabriel Ste-Marie, et la porte-parole en matière de Relations avec les Autochtones et Développement du Nord pour le Bloc Québécois, Marilène Gill, ont réagi au récent rapport d’Amnistie internationale – Crise du logement en milieu autochtone au Canada : Iniquité et discrimination, l’exemple de Manawan –, aux côtés de représentants de l’organisme et du chef de la Première Nation de Manawan, Sipi Flamand. Rappelant que le gouvernement libéral avait promis de combler les lacunes en infrastructures dans les communautés des Premières Nations d’ici 2030, les élus bloquistes signalent le rapport d’Amnistie internationale qui fait un constat alarmant des conséquences du manque criant de logements sévissant à Manawan, comme dans les autres communautés autochtones au Québec.
« Avoir un toit convenable sur la tête, c’est un droit humain. Selon les derniers chiffres datant de 2024, la communauté de Manawan comptait une moyenne de près de huit personnes par logement, réparties dans 405 logements. Alors que le rapport fait aussi état de logements qui abritent jusqu’à 17 personnes à Manawan, on peut dire hors de tout doute que c’est la population qui paie le prix de cette itinérance cachée : ce ne sont pas des conditions pour favoriser le mieux-être, surtout des enfants, dont le développement est susceptible d’être affecté. Pourquoi est-ce que le gouvernement fédéral accepte ce manque flagrant de dignité? », a martelé le député Ste-Marie.
Au Québec, l’Assemblée de Premières Nations du Québec et du Labrador sonnait déjà l’alarme en 2022 : il manquait alors 10 000 logements dans les communautés autochtones au Québec; plus de 8 000 avaient besoin de réparations et de rénovations, près de 4 000 devaient être décontaminés en raison de la présence de moisissures et près de 10 000 terrains devaient être reliés à des services d’aqueducs, d’égouts, de voirie et d’éclairage. La vérificatrice générale du Canada, dans un rapport de 2024, soulignait également le peu de progrès réalisé par Services aux Autochtones Canada et la SCHL : de 2018 à 2023, ces organismes n’ont financé que 21% des besoins en construction et 20% des réparations nécessaires, et ont dépensé 3,86 milliards $ en cinq ans, sans que la situation s’améliore.
« Il faut du financement qui soit constant, prévisible et qui tienne compte des réalités d’éloignement et d’augmentation des coûts de construction. Pas seulement pour Manawan, mais pour l’ensemble des communautés autochtones du Québec, alors que les parcs immobiliers déjà existants continuent de se détériorer et font face à des lacunes d’entretien. Le gouvernement doit fournir un plan, et le Bloc Québécois sera là pour le lui réclamer », a conclu la porte-parole en matière d’Affaires autochtones du Bloc Québécois, Marilène Gill.