Budget : le fédéral veut être maître… chez nous!
Ottawa, le 5 novembre 2026 – Yves-François Blanchet, chef du Bloc Québécois, et Jean-Denis Garon, porte-parole du parti en matière de Finances, ont dénoncé un budget fédéral qui rend les Québécois encore moins maîtres chez eux, qui ne répond pas aux demandes du gouvernement du Québec et qui ignore la plupart des attentes portées par le Bloc Québécois.
« Le budget reprend 20 fois le thème « maîtres chez nous » de la Révolution tranquille, mais ce sont les institutions canadiennes et les Américains qui deviennent davantage maîtres chez nous, et certainement pas les Québécois. Ce budget, que le gouvernement décrit lui-même comme étant de l’édification de la nation, construit effectivement sa vision du Canada au détriment de la marge de manœuvre financière du Québec. En santé seulement, on parle de près de 14 milliards que le Québec pourrait perdre sur cinq ans. Ottawa crée une stratégie canadienne d’électrification en plein cœur des compétences du Québec, incluant de l’argent pour le gaz, le nucléaire et les rivaux d’Hydro-Québec sur le marché nord-américain. Ottawa investit massivement dans la symbolique de son Canada fort pour contrer le nationalisme québécois, mais il n’a pas d’argent pour rembourser ses dettes envers le Québec. Les libéraux ne corrigent pas leur sacrifice de la culture après avoir inutilement plié devant Donald Trump. Ils ne proposent aucune mesure susceptible de compenser leurs reculs environnementaux historiques et maintiennent leurs subventions aux énergies fossiles en plus d’affaiblir leur règlement sur l’électricité propre et leur tarification carbone industrielle. Cela confirme encore une fois que le Canada ratera ses cibles climatiques. Finalement, le budget ne contient aucune véritable mesure visant à mieux adapter notre économie face à Donald Trump. Sans équivoque, les Québécois ne sont pas davantage maîtres chez eux aujourd’hui », a déclaré M. Blanchet.
Non aux demandes du Québec
Le budget ne rembourse pas les frais payés par Québec pour l’accueil des demandeurs d’asile, une dette de près de 700 M$ qu’Ottawa traîne depuis 2024. Ottawa diminue l’indexation des transferts en santé de 5 % à 3 % dès 2028 alors que Québec réclame plutôt une hausse. « Ce sont les gens, les aînés, les malades qui vont en souffrir. Il s’agit d’un combat qu’il faut absolument poursuivre. Le Québec ne peut pas absorber une coupe fédérale en santé. D’un côté, le fédéral réduit la marge de manœuvre financière du Québec de 1 milliard par année avec sa mégadéduction et de l’autre, il réduit sa contribution financière en santé de milliards de dollars. Ottawa sabote l’autonomie financière du Québec », explique M. Garon.
Quelques gains, mais surtout des reculs
Les attentes budgétaires du Bloc Québécois ne trouvent que partiellement réponse dans le document budgétaire libéral. « Nous sommes satisfaits de la hausse de la prestation pour l’épicerie, une de nos demandes. Le milieu culturel trouvera enfin les 600 M$ promis par Ottawa, mais la joie sera de courte durée. La culture constatera qu’il n’y a plus un sou dès l’an prochain alors qu’il faut toujours rétablir les redevances des géants américains du numérique. Nous saluons que le Crédit d’impôt pour la main-d’œuvre journalistique soit étendu à la radio et à la télé, une autre de nos demandes de longue date. Nous sommes partiellement d’accord avec les réinvestissements face aux crises du logement et de l’itinérance », a expliqué M. Garon. « En revanche, en matière de résilience économique, d’environnement et de fédéralisme coopératif, on parle de 500 pages de reculs ».